Auteur
Alphonse Esquiros

À Victor Hugo

Toi que, dans nos cieux, un nuage Voiturait parmi les hivers ; Et qu’en se crevant, un orage A jeté de ses flancs ouverts : Aigle, couvé par le tonnerre, Fils des cieux, tu suspends ton aire A quelque monde imaginaire : Cherchant la gloire dans les airs, Ouvrant ton aile qui murmure, De l’aquilon […]

Auteur
Alphonse Esquiros

Je N’ose Plus Aimer

Je n’ose plus aimer : Tous ceux que dans la vie, Comme un souffle brûlant, mon amour a touchés, Ont senti se flétrir leur jeunesse ravie, Et pareils à la fleur qu’un soleil a ternie, Sur leur tombeau se sont penchés. J’ai tenu trois enfants sur les fonts du baptême ; Entre les doigts sacrés […]

Auteur
Alphonse Esquiros

La Lampe Du Poète

La lampe du poète agonisait dans l’ombre ; Des rapides printemps il voyait fuir le nombre ; La faim, de son toit pauvre, écartait les amours ; Sa cruche se vidait, et couché sur la paille :  » Il faut donc, disait-il, il faut que je m’en aille, Avec le dernier des beaux jours ! […]

Auteur
Alphonse Esquiros

Le Sabbat

Ô peuples ! Savez-vous (c’est l’opprobre du monde) Qu’au sein de vos cités râle une orgie immonde : Minuit sonne, écoutez ! C’est l’heure du sabbat, Où des vieillards quinteux, couronnés de folie, Vont d’un pas chancelant assouvir dans la lie La passion qui les abat. Le vin, en écumant, dans leurs coupes ruisselle Tous […]

Auteur
Alphonse Esquiros

L’orage

C’était un beau spectacle au milieu des ténèbres. La lune qui sortait de ses voiles funèbres, Et qui glissait entre deux tours ; L’orage qui là-bas s’avançait dans les nues ; Le château qui voyait, de ses têtes chenues L’éclair sillonner les contours. Les arbres, balancés par le vent qui murmure, Qui secouaient, la nuit, […]

Auteur
Alphonse Esquiros

Ma Muse

Le soir répandait son mystère Sur le bois chaste et solitaire ; Le rossignol harmonieux Déployait sa voix cadencée, Et chaque feuille balancée Rendait un son mélodieux. Assis sous la verte ramée, Je sentais la brise embaumée Passer sur mon front incliné : Et dans mes vagues rêveries, J’effeuillais des branches fleuries Sur un buisson […]

Auteur
Alphonse Esquiros

Ni Plaisir Ni Peine

A la brise du soir quand les feuilles frémissent, Quand le soleil rougit dans un beau ciel d’été, Quand les nuages d’or à l’horizon se plissent, Quand le silence vient, et quand les bois s’emplissent De mystère et d’obscurité, C’est l’heure inspiratrice où la mélancolie Erre sur les bosquets, s’assied près des ruisseaux, Étend son […]

Auteur
Alphonse Esquiros

Paris Aux Réverbères

Un jour, quand de l’yver l’ennuieuse froidure S’atiedist, faisant place au printems gracieux, Lorsque tout rit aux champs, et que les prez joyeux Peingnent de belles fleurs leur riante verdure ; Près du Clain tortueux, sous une roche obscure, Un doux somme ferma d’un doux lien mes yeux. Voyci en mon dormant une clairté des […]

Auteur
Alphonse Esquiros

Qu’est-ce Que La Vie

Depuis bientôt vingt ans, je passe sur la route ; Mes yeux regardent tout et mon oreille écoute ; Deux rois ont laissé choir leur couronne à grand bruit. J’ai vu tout pouvoir vain, toute gloire éphémère, Et la fleur qui bourgeonne à cette plante amère Ne fait jamais de fruit. L’Europe a donc quinze […]

Auteur
Alphonse Esquiros
Thematiques
Tristesse

Souvenir

L’haleine jusqu’ici des Zéphyrs inconstants. Sur l’Océan du monde a gonflé notre voile ; Et notre frêle esquif à l’abri des autans, Pour arriver au port suivit la même étoile. Pour toi le ciel est pur oubliant ses fureurs, L’Océan sous ta rame, ouvre son flot docile ; Le vent berce à demi ta gondole […]

Auteur
Alphonse Esquiros

Un Homme De Moins

Terre, que fallut-il quand l’Europe inondée Ne pouvait retenir la France débordée, Et grosse de fléaux ; Quand les trônes des rois chancelaient sur leur base, Quand nos champs se vidaient, quand la gloire était lasse De suivre nos drapeaux ? Terre, que fallut-il, si longtemps oppressée, Pour reposer enfin ta surface lassée Du poids […]