Auteur
Catulle Mendès

Le Marché De La Madeleine

Rien ne captive autant que ce particulier Charme de la musique où ma langueur s’adore, Quand je poursuis, aux soirs, le reflet que mordore Maint lustre au tapis vert du salon familier. Que j’aime entendre alors, plein de deuil singulier, Monter du piano, comme d’une mandore Le rythme somnolent où ma névrose odore Son spasme […]

Auteur
Catulle Mendès

Le Poète Ne Se Plaint Pas De La Mort Prochaine…

Mon coeur est comme un Hérode morne et pâle, Un Salomon somptueux, triste et puissant Qui suit d’un oeil magnifique et languissant Les ballets infinis dans les hautes salles. Rêve sans fin, les plus belles ont passé, Portant des noms si doux qu’ils font chanter l’âme. Le roi s’ennuie à voir tourner ses femmes, Roses […]

Auteur
Catulle Mendès

Le Poète Se Souvient D’une Fleur…

Corps violent, redoutable, honteux, Corps de poète habitué aux larmes, Qui te secoue ainsi, qui te désarme ? (Bruxelles dort orné de mille feux) Dans le pays de la bonne souffrance (Rappelletoi cette maison des champs) Archange infirme ivre de ton silence, N’attendaistu qu’un amour plus pressant ? On connaît bien le gouffre où je […]

Auteur
Catulle Mendès

Le Rossignol

Noces du samedi ! noces où l’on s’amuse, Je vous rencontre au bois où ma flaneuse Muse Entend venir de loin les cris facétieux Des femmes en bonnet et des gars en messieurs Qui leur donnent le bras en fumant un cigare, Tandis qu’en un bosquet le marié s’égare, Souvent imberbe et jeune, ou parfois […]

Auteur
Catulle Mendès

Ballade De L’âme De Paul Verlaine

Cachée en ce beau lit de branches et de feuilles, Sur cet autel de mousse où j’ai versé des roses, De la myrrhe et du miel, Tendrement je te porte, et doucement te pose, Ô fille morte De l’éternel soleil ! Et voici que je t’ouvre encore, Comme autrefois la porte d’or, Éclatante et sonore, […]

Auteur
Catulle Mendès

Exhortation

je t’aime, avec ton oeil candide et ton air mâle, Ton fichu de siamoise et ton cou brun de hâle, Avec ton rire et ta gaîté, Entre la Liberté, reine aux fières prunelles, Et la Fraternité, doux ange ouvrant ses ailes, Ma paysanne Egalité !