Auteur
François Maynard

Ode À Alcippe

Ton corps plus doux que ton esprit S’exposait hier à ma vue, Et d’un transport qui me surprit Soulageait l’ardeur qui me tue. Ton visage masqué me rit Ainsi qu’au travers d’une nue, Et sous le gant qui la couvrit Ta main m’apparut demi nue. Même pour mieux flatter mes sens De mille plaisirs innocents, […]

Auteur
François Maynard

Épigramme

J’aime l’araignée et j’aime l’ortie, Parce qu’on les hait ; Et que rien n’exauce et que tout châtie Leur morne souhait ; Parce qu’elles sont maudites, chétives, Noirs êtres rampants ; Parce qu’elles sont les tristes captives De leur guetapens ; Parce qu’elles sont prises dans leur oeuvre ; Ô sort ! fatals noeuds ! […]

Auteur
François Maynard

Il Est Vray. Je Le Sçay. Mes Vers Sont Mesprisez

Les Talons Vont D’un train d’enfer, Sur le sable blond, Les Talons Vont D’un train d’enfer Implacablement Et rythmiquement, Avec une méthode d’enfer, Les Talons Vont. Cependant le corps, Sans nul désarroi, Se tient tout droit, Comme appréhendé au collet Par les Recors La danseuse exhibe ses bas noirs Sur des jambes dures Comme du […]

Auteur
François Maynard

Il N’est Homme En L’univers …

‘ Fuis, ne me livre point. Pars avant son retour ; ‘ Lèvetoi ; pars, adieu ; qu’il n’entre, et que ta vue ‘ Ne cause un grand malheur, et je serais perdue ! ‘ Tiens, regarde, adieu, pars : ne voistu pas le jour ? ‘ Nous aimions sa naïve et riante folie, Quand […]

Auteur
François Maynard

Je Donne À Mon Desert Les Restes De Ma Vie

(Extrait) Il vous sied bien, Monsieur le Tibre, De faire ainsi tant de façon, Vous dans qui le moindre poisson A peine a le mouvement libre : Il vous sied bien de vous vanter D’avoir de quoi le disputer A tous les fleuves de la terre ; Vous qui, comblé de trois moulins, N’oseriez défier […]

Auteur
François Maynard

Je Suis Dans Le Penchant De Mon Âge De Glace

Les moines, à pas lents, derrière le Prieur Qui portait le ciboire et les huiles mystiques, Rentrèrent, deux à deux, au cloître intérieur, Troupeau d’ombres, le long des arcades gothiques. Comme en un champ de meurtre, après l’ardent combat, Le silence se fit dans la morne cellule, Autour du vieil Abbé couché sur son grabat, […]

Auteur
François Maynard

Je Touche De Mon Pied Le Bord De L’autre Monde

L’amour nous fait trembler comme un jeune feuillage, Car chacun de nous deux a peur du même instant. ‘ Mon bienaimé, distu très bas, je t’aime tant… Laisse… Ferme les yeux… Ne parle pas… Sois sage… Je te devine proche au feu de ton visage. Ma tempe en fièvre bat contre ton coeur battant. Et, […]

Auteur
François Maynard

La Belle Vieille

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ; Retiens les griffes de ta patte, Et laissemoi plonger dans tes beaux yeux, Mêlés de métal et d’agate. Lorsque mes doigts caressent à loisir Ta tête et ton dos élastique, Et que ma main s’enivre du plaisir De palper ton corps électrique, Je vois ma femme […]

Auteur
François Maynard

La Plus-part De Mes Partisans

Las d’avoir visité mondes, continents, villes, Et vu de tout pays, ciel, palais, monuments, Le voyageur enfin revient vers les charmilles Et les vallons rieurs qu’aimaient ses premiers ans. Alors sur les vieux bancs au sein des soirs tranquilles, Sous les chênes vieillis, quelques bons paysans, Graves, fumant la pipe, auprès de leurs familles Ecoutaient […]

Auteur
François Maynard

Mon Âme, Il Faut Partir …

Elle avait fui de mon âme offensée ; Bien loin de moi je crus l’avoir chassée : Toute tremblante, un jour, elle arriva, Sa douce image, et dans mon coeur rentra : Point n’eus le temps de me mettre en colère ; Point ne savais ce qu’elle voulait faire ; Un peu trop tard mon […]

Auteur
François Maynard

Adieu Paris, Adieu Pour La Derniere Fois

Afin qu’à l’avenir on t’adore, ô Déesse, Je plante en ton honneur ce laurier immortel, Je te sacre ce temple où j’offre à ton autel Les armes dont Amour a dompté ma jeunesse. Ceux qui t’invoqueront pour vierge chasseresse Et qui t’honoreront de maint voeu solennel Ne puissent du trépas sentir le dard cruel, Ains […]

Auteur
François Maynard

Déserts Où J’ai Vécu Dans Un Calme Si Doux

Esprit, dès le berceau dans le ciel emporté, Qui dédaignes l’éclat des choses moins durables, Et toujours t’arrêtant aux desseins honorables, Ne t’es jamais soumis à nulle vanité ; Sujet à la raison, tu vis en liberté ; Tant de vaines grandeurs, aux autres admirables, Tant de plaisirs pipeurs, tant d’honneurs misérables, N’ont jamais pu […]