Auteur
François-René De Chateaubriand
Thematiques
Patrie

Les Malheurs De La Révolution

Ils sont dévastés dans nos temples Les monuments sacrés des rois : Mon oeil effrayé les contemple ; Je tremble et je pleure à la fois. Tandis qu’une fosse commune, Des grandeurs et de la fortune Reçoit les funèbres lambeaux, Un spectre, à la voix menaçante, A percé la tombe récente Qui dévora les vieux tombeaux.Sa main […]

Auteur
François-René De Chateaubriand
Thematiques
Poète

Les Tombeaux Champêtres

Dans ce champ où l’on voit l’herbe mélancolique Flotter sur les sillons que forment ces tombeaux, Les rustiques aïeux de nos humbles hameaux Au bruit du vent des nuits dorment sous l’if antique. De la jeune Progné le ramage confus, Du zéphyr, au matin, la voix fraîche et céleste, Les chants perçants du coq ne […]

Auteur
François-René De Chateaubriand
Thematiques
Religion

L’esclave

Jadis, lorsque mon bras faisait voler la prame Sur le fluide azur de l’abîme calmé, Du sombre désespoir les pleurs mouillaient ma rame : Un charme m’a guéri : j’aime et je suis aimé. Le noir rocher me plaît ; la tour que le flot lave Me sourit maintenant aux grèves de ces mers : Le flambeau du signal […]

Auteur
François-René De Chateaubriand
Thematiques
Temps qui passe

Nous Verrons

A Philippe Monnier. Je te dédie, ô Mort, le suprême désir De mon coeur dépouillé de la robe illusoire ; Il mettra tout le feu qu’il avait au plaisir A mériter ta grâce, à conquérir ta gloire. Il est mûr pour ta gerbe ; il ne veut plus de vin : De son trésor, il […]

Auteur
François-René De Chateaubriand
Thematiques
Automne

Nuit D’automne

De ces bois s’élève. Sous ces arbres verts, Qu’un vent frais balance, J’entends en silence Leurs légers concerts : Mollement bercée, La voûte pressée En dôme orgueilleux Serre son ombrage, Et puis s’entr’ouvrant. Du ciel lentement Découvre l’image. Là, des nuits l’azur Dans un cristal pur Déroule ses voiles. Et le flot brillant Coule en sommeillant […]

Auteur
François-René De Chateaubriand
Thematiques
Tristesse

Le Soir, Dans Une Vallée

Nous n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés. Les Amours des bassins, les Naïades en groupe Voient reluire au soleil en cristaux découpés Les flots silencieux qui coulaient de leur coupe. Les lauriers sont coupés, et le cerf aux abois Tressaille au son du cor; nous n’irons plus au bois, Où des enfants charmants […]

Auteur
François-René De Chateaubriand
Thematiques
Vieillesse

Clarisse

Monsieur l’abbé et monsieur son valet Sont faits égaux, tous deux comme de cire : L’un est grand fou, l’autre petit follet ; L’un veut railler, l’autre gaudir et rire ; L’un boit du bon ; l’autre ne boit du pire. Mais un débat le soir entr’eux s’émeut : Car maître abbé toute la nuit […]

Auteur
François-René De Chateaubriand
Thematiques
Temps qui passe

L’amour De La Campagne

Et cependant mes yeux demandoient ce rivage ; Et cependant d’ennuis, de chagrins dévoré. Au milieu des palais, d’hommes froids entouré, Je regrettois partout mes amis du village. Mais le printemps me rend mes champs et mes beaux jours. Vous m’allez voir encore, ô verdoyantes plaines ! Assis nonchalamment auprès de vos fontaines, Un Tibulle à la […]

Auteur
François-René De Chateaubriand
Thematiques
Maladie

Le Départ

D’un branchu semblant un grand fagot qui s’évase, Il végète sa mort à jamais défeuillé ; Pourtant, sous tous les ciels, dans l’air sec et mouillé, Son très étrange aspect vous met l’oeil en extase ! C’est que, depuis l’énorme et ronde fourmilière Grouillant au pied pourri de ce petit ormeau, Tout son tronc est […]

Auteur
François-René De Chateaubriand

Le Printemps, L’eté Et L’hiver

Les Armes ont tu leurs ordres en attendant De vibrer à nouveau dans des mains admirables Ou scélérates, et, tristes, le bras pendant, Nous allons, mal rêveurs, dans le vague des Fables. Les Armes ont tu leurs ordres qu’on attendait Même chez les rêveurs mensongers que nous sommes, Honteux de notre bras qui pendait et […]

Auteur
François-René De Chateaubriand
Thematiques
Mer

Le Soir Au Bord De La Mer

Notre vie est semblable à la lampe enfumée, Aux uns le vent la fait couler soudainement, Aux autres il l’éteint d’un subit soufflement Quand elle est seulement à demi allumée, Aux autres elle luit jusqu’au bout consumée, Mais, en fin, sa clarté cause son brûlement : Plus longuement elle art, plus se va consumant, Et […]