Auteur
Philippe Desportes

J’ai Longtemps Voyagé, Courant Toujours Fortune

Baigne mes pieds du cristal de tes ondes, O ma fontaine ! et sur ton frais miroir, Laisse tomber mes longues tresses blondes Flottant au gré de la brise du soir ! Nymphe des bois, sur ton bassin penchée, J’aime à rêver à l’ombre des roseaux, Quand une feuille à sa tige arrachée, Ride en […]

Auteur
Philippe Desportes

Je Crois Que Tout Mon Lit De Chardons Est Semé

Ses rires grands ouverts qui si crânement mordent Sur le fond taciturne et murmurant des prés, Sont métalliques, frais, liquides, susurrés, Aux pépiements d’oiseaux ressemblent et s’accordent. Excités par la danse, ils se gonflent, débordent En cascades de cris tumultueux, serrés, De hoquets glougloutants, fous et démesurés, Qui la virent, la plient, la soulèvent, la […]

Auteur
Philippe Desportes

Je L’aimais Par Dessein La Connaissant Volage

La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse, Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse, Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs. Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs, Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres, Son vent mélancolique à l’entour de leurs marbres, Certe, ils doivent trouver les […]

Auteur
Philippe Desportes

Je Ne Refuse Point Qu’en Si Belle Jeunesse

À Monsieur de Termes Ode Enfin, Termes, les ombrages Reverdissent dans les bois, L’hiver et tous ses orages Sont en prison pour neuf mois ; Enfin la neige et la glace Font à la verdure place, Enfin le beau temps reluit, Et Philomèle, assurée De la fureur de Térée, Chante aux forêts jour et nuit. […]

Auteur
Philippe Desportes

Je Ressemble En Aimant Au Valeureux Persée

La voilà, pauvre mère, à Paris arrivée Avec ses deux enfants, sa fidèle couvée ! Veuve, et chaste, et sévère, et toute au deuil pieux, Elle les a, seize ans, élevés sous ses yeux En province, en sa ville immense et solitaire, Déserte à voir, muette autant qu’un monastère, Où croît l’herbe au pavé, la […]

Auteur
Philippe Desportes

L’âpre Fureur De Mon Mal Véhément

Plages vides, avec toujours les mêmes flots Poussant les mêmes cris et les mêmes sanglots De l’un à l’autre bout des rivages de Flandre ; Dunes d’oyats aigus, monts de sable et de cendre, Pays hostile et dur et féroce souvent, Pays de lutte et de ferveur, pays de vent, Pays d’épreuve et d’angoisse, pays […]

Auteur
Philippe Desportes

D’une Fontaine

Haute beauté dans une humble pucelle, Un beau parler plein de grave douceur, Sous blondz cheveux un avantchenu cueur, Un chaste sein ou la vertu se cele : En corps mortel une grace immortelle, En douceur fiere une douce rigueur, Eu sage esprit une gaye vigueur, En ame simple une sage cautele : Et ces […]

Auteur
Philippe Desportes

Las ! Que Me Sert De Voir Ces Belles Plaines

L’air était pur, la nuit régnait sans voiles ; Elle riait du dépit de l’amour : Il aime l’ombre, et le feu des étoiles, En scintillant, formait un nouveau jour. Tout s’y trompait. L’oiseau, dans le bocage, Prenait minuit pour l’heure des concerts ; Et les zéphyrs, surpris de ce ramage, Plus mollement le portaient […]

Auteur
Philippe Desportes

Durant Les Grand’s Chaleurs, J’ai Vu Cent Mille Fois

Helas, si tu me vois constant en inconstance Et changer de propos et muer de visage, Comme le flot d’amour me reculle ou m’avance ; Helas, si tu me vois varier d’heure en heure, De moment en moment entre raison et rage, Sans qu’un rien en un point un mesme je demeure : Tu dis […]

Auteur
Philippe Desportes

Le Tens Leger S’enfuit Sans M’en Apercevoir

Ô doux plaisir plein de doux pensement, Quand la douceur de la douce meslée, Etreint et joint, l’ame en l’ame mellée, Le corps au corps accouplé doucement. Ô douce mort ! ô doux trepassement ! Mon ame alors de grand’joye troublée, De moy dans toy s’ecoulant a l’emblée, Puis haut, puis bas, quiert son ravissement. […]

Auteur
Philippe Desportes

Elle Pleurait, Toute Pâle De Crainte

Je t’adore, Soleil ! ô toi dont la lumière, Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel, Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière, Se divise et demeure entière Ainsi que l’amour maternel ! Je te chante, et tu peux m’accepter pour ton prêtre, Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon […]

Auteur
Philippe Desportes

Ma Nef Passe Au Destroit D’une Mer Courroucée

Furieuse, les yeux caves et les seins roides, Sappho, que la langueur de son désir irrite, Comme une louve court le long des grèves froides, Elle songe à Phaon, oublieuse du Rite, Et, voyant à ce point ses larmes dédaignées, Arrache ses cheveux immenses par poignées ; Puis elle évoque, en des remords sans accalmies, […]

Auteur
Philippe Desportes

Éloignant Vos Beautés, Je Vous Laisse En Ma Place

Ici de mille fards la traïson se déguise, Ici mille forfaits pullulent à foison, Ici ne se punit l’homicide ou poison, Et la richesse ici par usure est acquise Ici les grands maisons viennent de bâtardise, Ici ne se croit rien sans humaine raison, Ici la volupté est toujours de saison, Et d’autant plus y […]

Auteur
Philippe Desportes

Marchands, Qui Recherchez Tout Le Rivage More

Si haut je veux louër Sylvie, Que tout autre en meure d’envie : Sa personne est pleine d’appas, Les Amours naissent sous ses pas, Et c’est par eux qu’elle est servie. De cent vertus elle est suivie, Son coeur tient mon ame ravie, Et les Conquerans ne l’ont pas Si haut. Quoy que mon amour […]

Auteur
Philippe Desportes

Enfin Les Dieux Bénins Ont Exaucé Mes Cris

J’ai faim Mange ta main Garde l’autre pour demain Et ta tête Pour les jours de fête.