Auteur
Pierre Le Moyne

Annibal

Tu me lias de tes mains blanches, Tu me lias de tes mains fines, Avec des chaînes de pervenches Et des cordes de capucines. Laisse tes mains blanches, Tes mains fines, M’enchaîner avec des pervenches Et des capucines.

Auteur
Pierre Le Moyne

Carte De La Cour

Je vous aymois : vous me l’aviez permis ; J’esperois d’estre aymé : vous me l’aviez promis. Mais, helas ! belle Iris, je voy bien le contraire ; Je n’ose en murmurer De peur de vous deplaire ; Mais il m’est permis d’expirer, S’il m’est ordonné de me taire. Dedans vos fers, charmé de vos […]

Auteur
Pierre Le Moyne

Judith – Tableau Troisième

Le beau souleil, le jour saint Valentin, Qui apportoit sa chandelle alumee, N’a pas longtemps entra un bien matin Priveement en ma chambre fermee. Celle clarté qu’il avoit apportee, Si m’esveilla du somme de soussy Ou j’avoye toute la nuit dormy Sur le dur lit d’ennuieuse pensee. Ce jour aussi, pour partir leur butin Les […]

Auteur
Pierre Le Moyne

Le Palais De La Fortune

Dalles au fond des lointains clairs et lacs d’opales, Pendant les grands hivers, lorsque les nuits sont pâles Et qu’un autel de froid s’éclaire au choeur des neiges ! Le gel se râpe en givre ardent à travers branches, Le gel ! et de grandes ailes qui volent blanches Font d’interminables et suppliants cortèges Sur […]

Auteur
Pierre Le Moyne

Le Théâtre Du Sage

Ô la splendeur de notre joie Tissée en or dans l’air de soie ! Voici la maison douce et son pignon léger, Et le jardin et le verger. Voici le banc, sous les pommiers D’où s’effeuille le printemps blanc, A pétales frôlants et lents. Voici des vols de lumineux ramiers Planant, ainsi que des présages, […]

Auteur
Pierre Le Moyne

L’île Du Plaisir

Quiconque fit d’Amour la pourtraiture, De cet Enfant le patron ou prit il, Sur qui tant bien il guida son outil Pour en tirer au vray ceste peinture ? Certe il sçavoyt l’effet de sa pointure, Le garnissant d’un arc non inutil : Bandant ses yeulx de son pinceau subtil, Il demonstroit nostre aveugle nature. […]

Auteur
Pierre Le Moyne

Miroir Fidèle

Des villages plaintifs et des champs reposés, Voici que s’exhalait, dans la paix vespérale, Un soupir doucement triste comme le râle D’une vierge qui meurt pâle, les yeux baissés, Le coeur en joie et tout au ciel déjà tendante. Les vents étaient tombés. Seule encor remuait, Làbas, vers le couchant, dans l’air vide et muet, […]