La Berge

Malgré le froid, le ciel est en fête, et l’azur,

Pâle encore, adoucit la lumière adorable ;

Penché sur l’horizon, le soleil favorable

Se répand et ne laisse aucun détail obscur.

La colline montrant au loin sur un fond pur

Le profil dépouillé d’un saule ou d’un érable,

Abrite des maisons blanches, et sur le sable

De la grève un vieux banc se chauffe près d’un mur.

Le jour clair, les coteaux courant comme des ondes,

Et les blanches maisons, et les tonnelles rondes,

Se fondent en accords comme dans un concert :

Un concert où, tenant le devant de la scène,

Entre les joncs fredonne à petit bruit la Seine

Un de ces airs légers que l’on chante au dessert.