Auteur
Albert Mérat
Recueil
Les chimères

Paganisme

Pour les rêveurs, la source a toujours sa naïade

Songeuse avec son cou flexible et ses yeux verts.

Avec sa lèvre humide, avec ses bras ouverts

Au jeune athlète lier des poussières du stade.

Les bois cachent encor la cynique pléiade

Des vieux faunes cornus, malhabiles aux vers

Et des lourds aegipans, se hâtant de travers

A poursuivre, pieds tors, la fuyante dryade.

Tous ces êtres charmants, ces fantômes divins,

La naïade avec Pan suivi des doux sylvains,

Ont fui quand la raison les chassait de son aile.

Ils reviennent parmi les rêves de l’été,

De belles fables d’or brodant la vérité,

Moqueurs, et radieux de jeunesse immortelle.