Auteur
Emile Nelligan
Recueil
Eaux-Fortes Funéraires

Soirs D’automne

Voici que la tulipe et voilà que les roses, Sous les gestes massifs des bronzes et des marbres, Dans le Parc où l’Amour folâtre sous les arbres, Chantent dans les longs soirs monotones et roses. Dans les soirs a chanté la gaîté des parterres Où dans un clair de lune en des poses obliques, Et […]

Auteur
Emile Nelligan
Recueil
Eaux-Fortes Funéraires

Le Corbillard

Par des temps de brouillard, de vent froid et de pluie, Quand l’azur a vêtu comme un manteau de suie, Fête des anges noirs! dans l’après-midi, tard, Comme il est douloureux de voir un corbillard, Traîné par des chevaux funèbres, en automne, S’en aller cahotant au chemin monotone, Là-bas vers quelque gris cimetière perdu, Qui […]

Auteur
Emile Nelligan
Recueil
Eaux-Fortes Funéraires

Les Vieilles Rues

Que vous disent les vieilles rues Des vieilles cités ? Parmi les poussières accrues De leurs vétustés, Rêvant de choses disparues, Que vous disent les vieilles rues ? Alors que vous y marchez tard Pour leur rendre hommage : —  » De plus d’une âme de vieillard Nous sommes l’image.  » Disent-elles dans le brouillard, […]

Auteur
Emile Nelligan
Recueil
Eaux-Fortes Funéraires

Confession Nocturne

Prêtre, je suis hanté, c’est la nuit dans la ville, Mon âme est le donjon des mortels péchés noirs, Il pleut une tristesse horrible aux promenoirs Et personne ne vient de la plèbe servile. Tout est calme et tout dort. La solitaire Ville S’aggrave de l’horreur vaste des vieux manoirs. Prêtre, je suis hanté, c’est […]

Auteur
Emile Nelligan
Recueil
Eaux-Fortes Funéraires

Le Cercueil

Au jour ou mon aïeul fut pris de léthargie, Par mégarde on avait apporté son cercueil; Déjà l’étui des morts s’ouvrait pour son accueil, Quand son âme soudain ralluma sa bougie. Et nos âmes, depuis cet horrible moment, Gardaient de ce cercueil de grandes terreurs sourdes; Nous croyions voir l’aïeul au fond des fosses lourdes, […]

Auteur
Emile Nelligan
Recueil
Eaux-Fortes Funéraires

Banquet Macabre

À la santé du rire ! Et j’élève ma coupe, Et je bois follement comme un rapin joyeux. Ô le rire ! Ha ! ha ! ha ! qui met la flamme aux yeux, Ce vaisseau d’or qui glisse avec l’amour en poupe ! Vogue pour la gaieté de Riquet-à-la-Houppe ! En bons bossus joufflus […]