Auteur
Émile Verhaeren
Recueil
Les Blés Mouvants

Les Ombres

Trouant de tes rayons sans nombre Le feuillage léger, Soleil, Tu promènes, comme un berger, Le tranquille troupeau des ombres Dans les jardins et les vergers. Dès le matin, par bandes, Sitôt que le ciel est vermeil, Elles s’étendent Des enclos recueillis et des humbles maisons. Leur masse lente et mobile Ornent les toits de […]

Auteur
Émile Verhaeren
Recueil
Les Blés Mouvants

Les Routes

Comme des clous, les gros pavés Fixent au sol les routes claires : Lignes et courbes de lumière Qui décorent et divisent les terres En ce pays de bois et de champs emblavés. Les plus vieilles se souviennent du temps de Rome, Quand s’en venaient les Dieux Rôder dans les vergers des hommes D’autres ont […]

Auteur
Émile Verhaeren
Recueil
Les Blés Mouvants

L’orage

Parmi les pommes d’or que frôle un vent léger Tu m’apparais là-haut, glissant de branche en branche, Lorsque soudain l’orage accourt en avalanche Et lacère le front ramu du vieux verger. Tu fuis craintive et preste et descends de l’échelle Et t’abrites sous l’appentis dont le mur clair Devient livide et blanc aux lueurs de […]

Auteur
Émile Verhaeren
Recueil
Les Blés Mouvants

Les Meules

Comme des tentes pour les blés Les grandes meules fraternelles Se rassemblent l’hiver sur les champs isolés Et l’autan noir rôde autour d’elles Les solides faucheurs du bourg Les ont, sous la rude pesée De leurs fermes genoux et de leurs coudes lourds, Dûment, sur le sol dur, tassées. Les grains sont tournés au-dedans, Mais […]

Auteur
Émile Verhaeren
Recueil
Les Blés Mouvants

Le Ménétrier

Soir de juillet torride et sec. Serrant le bois sonore au creux de son épaule, Un joueur de rebec S’est lentement assis et joue au pied d’un saule. Il chante pour lui seul et ne voit pas Qu’en ce déclin du jour se rapprochent des pas Sous les arbres, au long des routes ; Et […]

Auteur
Émile Verhaeren
Recueil
Les Blés Mouvants

À Pâques

Frère Jacques, frère Jacques, Réveille-toi de ton sommeil d’hiver Les fins taillis sont déjà verts Et nous voici au temps de Pâques, Frère Jacques. Au coin du bois morne et blêmi Où ton grand corps s’est endormi Depuis l’automne, L’aveugle et vacillant brouillard, Sur les grand-routes du hasard, S’est promené, longtemps, par les champs monotones […]