Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

L’invisible Lien

L’invisible lien, partout dans la nature, Va des sens à l’esprit et des âmes aux corps ; Le choeur universel veut de la créature Le soupir des vaincus ou l’insulte des forts. L’invisible lien va des êtres aux choses, Unissant à jamais ces ennemis mortels, Qui, dans l’anxiété de leurs métamorphoses, S’observent de regards craintifs ou […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

L’orgueil

Monts superbes, dressez vos pics inaccessibles Sur le cirque brumeux où plongent vos flancs verts ! Métaux, dans le regret des chaleurs impossibles, Durcissez-vous au fond des volcans entr’ouverts ! Hérisse, amer orgueil, ta muraille rigide Sur le coeur que des yeux de femme ont perforé ! Désirs inassouvis, sous cette fière égide, Mornes, endormez-vous dans le sommeil […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

Marche Funèbre (chœur Des Derniers Hommes)

Les temps sont arrivés, des vieilles prophéties ! Ils sont venus, les jours d’universelle horreur ! Les ombres du néant, d’heure en heure épaissies, S’allongent sur nos fronts écrasés de terreur. Nous les vivons, les jours d’agonie et de râle ! À l’orient, jamais plus de matins nouveaux ! Comme le bronze noir qui ferme les caveaux, Le sol […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

Obsession

Beaux yeux, charmeurs savants, flambeaux de notre vie, Parfum, grâce, front pur, bouche toujours ravie, Ô vous, tout ce qu’on aime ! ô vous, tout ce qui part ! Non, rien ne meurt de vous pour l’âme inassouvie Quand vous laissez la nuit refermer son rempart Sur l’idéal perdu qui va luire autre part. Beaux yeux, charmeurs […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

Prologue

J’ai détourné mes yeux de l’homme et de la vie, Et mon âme a rôdé sous l’herbe des tombeaux. J’ai détrompé mon cœur de toute humaine envie, Et je l’ai dispersé dans les bois par lambeaux. J’ai voulu vivre sourd aux voix des multitudes, Comme un aïeul couvert de silence et de nuit, Et pareil […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

Soir D’octobre

À Catulle Mendès. Un long frisson descend des coteaux aux vallées ; Des coteaux et des bois, dans la plaine et les champs, Le frisson de la nuit passe vers les allées. – Oh ! L’angelus du soir dans les soleils couchants ! – Sous une haleine froide au loin meurent les chants, Les rires […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

Le Remous

Tout se tait maintenant dans la ville. Les rues Ne retentissent plus sous les lourds tombereaux. Le gain du jour compté, victimes et bourreaux S’endorment en rêvant aux richesses accrues ; Plus de lampe qui luise à travers les carreaux. Tous dorment en rêvant aux richesses lointaines. On n’entend plus tinter le métal des comptoirs ; Parfois, […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

Le Rendez-vous

À Michel Baronnet. Bâti par des mains inconnues, Un féerique palais, longtemps, Ouvre au vent frais des avenues Ses fenêtres à deux battants. À chaque porte, en grand costume, Sonnant du cor sur l’escalier, Un page, selon la coutume, Vante le seuil hospitalier. Le suzerain de ce domaine, Dans les salles de son palais, En […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

Le Rêve De La Mort

I Un ange sur mon front déploya sa grande aile ; Une ombre lentement descendit vers mes yeux ; Et sur chaque paupière un doigt impérieux Vint alourdir la nuit plus épaisse autour d’elle. Un ange lentement déploya sa grande aile, Et sous ses doigts de plomb s’enfoncèrent mes yeux. Puis tout s’évanouit, douleur, efforts, mémoire ; Et […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

Le Survivant

Je sors des bois. Je rentre en ma vie. O prisons De nos songes ! Combats ou pleurs que nous taisons ! Le jour tombe. Le bleu du ciel pâlit. C’est l’heure Tranquille. Un souffle ; un seul. Souffle étrange ! Il m’effleure Et s’éteint. Je soupire et pense à lui. C’était Un toucher ! Le soleil s’engouffre. Tout se […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

Les Filaos

À Théodore De Banville. Là-bas, au flanc d’un mont couronné par la brume, Entre deux noirs ravins roulant leurs frais échos, Sous l’ondulation de l’air chaud qui s’allume Monte un bois toujours vert de sombres filaos. Pareil au bruit lointain de la mer sur les sables, Là-bas, dressant d’un jet ses troncs roides et roux, […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

Imperia

À mon ami A. Maingard. Sur le divan, pareille à la noire panthère Qui se caresse aux feux du soleil tropical, Dans un fauve rayon enveloppant le bal, Elle emplit de parfums le boudoir solitaire. Elle rêve affaissée au milieu des coussins ; Et sa narine s’enfle, et se gonflent ses seins Au rythme langoureux […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

Les Rythmes

Rythme des robes fascinantes, Qui vont traînantes, Balayant les parfums au vent, Ou qu’au-dessus des jupes blanches Un pas savant Balance et gonfle autour des hanches ! Arbres bercés d’un souffle frais Dans les forêts, Où, ruisselant des palmes lisses, Tombent des pleurs cristallisés Dans les calices Roses encor de longs baisers ! Soupir des mers impérissable, […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

Jamais

À Frédéric Plessis.  » Amour ! Dans tous les temps des hommes t’ont chanté ! Inventeurs d’un mensonge, ils auront tous porté Le cercle ardent qui reste aux martyrs, et la gloire D’avoir su faire un dieu de toi, forme illusoire !  » Comme en son souterrain, tel, encor ce jour-là, Le démon qui l’habite […]

Auteur
Léon Dierx
Recueil
Les Lèvres Closes

Les Yeux De Nyssia

Je suivais dans les bois la fille aux cils soyeux. Non loin d’un petit lac dormant nous nous assîmes ; Tout se taisait dans l’herbe et sous les hautes cimes. Nyssia regardait le lac silencieux ; Moi, le fond de ses yeux. –  » Sources claires des bois ! dit Nyssia ; fontaines Où le regard profond sous l’onde va […]