La Mort

La mort est multiforme, elle change de masque Et d’habit plus souvent qu’une actrice fantasque ; Elle sait se farder, Et ce n’est pas toujours cette maigre carcasse, Qui vous montre les dents et vous fait la grimace Horrible à regarder. Ses sujets ne sont pas tous dans le cimetière, Ils ne dorment pas tous […]

La Sérénade

Mère, quel doux chant me réveille ? Minuit ! c’est l’heure où l’on sommeille. Qui peut, pour moi, venir si tard Veiller et chanter à l’écart ? Dors, mon enfant, dors ! c’est un rêve. En silence la nuit s’achève, Mon front repose auprès du tien, Je l’embrasse et je n’entends rien. Nul ne donne […]

La Mort

Telle qu’un moissonneur, dont l’aveugle faucille Abat le frais bleuet, comme le dur chardon, Telle qu’un plomb cruel qui, dans sa course, brille, Siffle, et, fendant les airs, vous frappe sans pardon ; Telle l’affreuse mort sur un dragon se montre, Passant comme un tonnerre au milieu des humains, Renversant, foudroyant tout ce qu’elle rencontre […]

Le Départ

Il est donc vrai ? Je garde en quittant la patrie, Ô profonde douleur ! un cœur indifférent. Pas de regard aimé, pas d’image chérie, Dont mon œil au départ se détache en pleurant. Ainsi partent tous ceux que le désespoir sombre Dans quelque monde à part pousse à se renfermer, Qui, voyant l’homme faible […]

La Mort

La mort, reine du monde, assembla certain jour, Dans les enfers, toute sa cour. Elle voulait choisir un bon premier ministre Qui rendît ses états encore plus florissants. Pour remplir cet emploi sinistre, Du fond du noir Tartare avancent à pas lents La fièvre, la goutte et la guerre. C’étaient trois sujets excellents ; Tout […]

La Sérénade

(Imitée d’Uhland) Oh ! quel doux chant m’éveille ? — Près de ton lit je veille, Ma fille ! et n’entends rien… Rendors-toi, c’est chimère ! — J’entends dehors, ma mère, Un chœur aérien !… — Ta fièvre va renaître. — Ces chants de la fenêtre Semblent s’être approchés. — Dors, pauvre enfant malade, Qui […]

Le Départ

D’un branchu semblant un grand fagot qui s’évase, Il végète sa mort à jamais défeuillé ; Pourtant, sous tous les ciels, dans l’air sec et mouillé, Son très étrange aspect vous met l’oeil en extase ! C’est que, depuis l’énorme et ronde fourmilière Grouillant au pied pourri de ce petit ormeau, Tout son tronc est […]

Le Jeune Malade

Depuis un mois, chère exilée, Loin de mes yeux tu t’en allas, Et j’ai vu fleurir les lilas Avec ma peine inconsolée. Seul, je fuis ce ciel clair et beau Dont l’ardente effluve me trouble, Car l’horreur de l’exil se double De la splendeur du renouveau. En vain j’entends contre les vitres, Dans la chambre […]