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Auteur : Alfred de Musset

Octave

(Fragment) Ni ce moine rêveur, ni ce vieux charlatan, N’ont deviné pourquoi Mariette est mourante. Elle est frappée au cœur, la belle indifférente ; Voilà son mal, — elle aime. — Il est cruel pourtant De voir entre les mains d’un cafard et d’un âne, Mourir cette superbe et jeune…

Par Un Mauvais Temps

Elle a mis, depuis que je l’aime (Bien longtemps, peut-être toujours), Bien des robes, jamais la même ; Palmire a dû compter les jours. Mais, quand vous êtes revenue, Votre bras léger sur le mien, Il faisait, dans cette avenue, Un froid de loup, un temps de chien. Vous m’aimiez…

Promenade

Dans ces bois qu’un nuage dore, Que l’ombre est lente à s’endormir ! Ce n’est pas le soir, c’est l’aurore, Qui gaîment nous semble s’enfuir ; Car nous savons qu’elle va revenir. — Ainsi, laissant l’espoir éclore Meurt doucement le souvenir.

Quand On Perd Par Triste Occurrence

(Chanson.) Quand on perd, par triste occurrence, Son espérance Et sa gaieté, Le remède au mélancolique, C’est la musique Et la beauté ! Plus oblige et peut davantage Un beau visage Qu’un homme armé, Et rien n’est meilleur que d’entendre Air doux et tendre Jadis aimé !

Rappelle-toi

(Vergiss mein nicht) (Paroles faites sur la musique de Mozart) Rappelle-toi, quand l’Aurore craintive Ouvre au Soleil son palais enchanté ; Rappelle-toi, lorsque la nuit pensive Passe en rêvant sous son voile argenté ; A l’appel du plaisir lorsque ton sein palpite, Aux doux songes du soir lorsque l’ombre t’invite,…

Retour

Heureux le voyageur que sa ville chérie Voit rentrer dans le port, aux premiers feux du jour ! Qui salue à la fois le ciel et la patrie, La vie et le bonheur, le soleil et l’amour ! — Regardez, compagnons, un navire s’avance. La mer, qui l’emporta, le rapporte…

Rêverie

Quand le paysan sème, et qu’il creuse la terre, Il ne voit que son grain, ses bœufs et son sillon. — La nature en silence accomplit le mystère, — Couché sur sa charrue, il attend sa moisson. Quand sa femme, en rentrant le soir, à sa chaumière, Lui dit :…

Silvia

À Madame ***. Il est donc vrai, vous vous plaignez aussi, Vous dont l’oeil noir, gai comme un jour de fête, Du monde entier pourrait chasser l’ennui. Combien donc pesait le souci Qui vous a fait baisser la tête ? C’est, j’imagine, un aussi lourd fardeau Que le roitelet de…

Sonnet : A Madame ***

Jeune ange aux doux regards, à la douce parole, Un instant près de vous je suis venu m’asseoir, Et, l’orage apaisé, comme l’oiseau s’envole, Mon bonheur s’en alla, n’ayant duré qu’un soir. Et puis, qui voulez-vous après qui me console ? L’éclair laisse, en fuyant, l’horizon triste et noir. Ne…