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Auteur : Alphonse de Lamartine

Les Voiles

Quand j’étais jeune et fier et que j’ouvrais mes ailes, Les ailes de mon âme à tous les vents des mers, Les voiles emportaient ma pensée avec elles, Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers. Je voyais dans ce vague où l’horizon se noie Surgir tout verdoyants de…

L’esprit De Dieu

Le feu divin qui nous consume Ressemble à ces feux indiscrets Qu’un pasteur imprudent allume Aux bord de profondes forêts; Tant qu’aucun souffle ne l’éveille, L’humble foyer couve et sommeille ; ais s’il respire l’aquilon, Tout à coup la flamme engourdie S’enfle, déborde; et l’incendie Embrase un immense horizon !…

L’homme

À Lord Byron Toi, dont le monde encore ignore le vrai nom, Esprit mystérieux, mortel, ange, ou démon, Qui que tu sois, Byron, bon ou fatal génie, J’aime de tes concerts la sauvage harmonie, Comme j’aime le bruit de la foudre et des vents Se mêlant dans l’orage à la…

L’hymne De La Nuit

Le jour s’éteint sur tes collines, Ô terre où languissent mes pas ! Quand pourrez-vous, mes yeux, quand pourrez-vous, hélas ! Saluer les splendeurs divines Du jour qui ne s’éteindra pas ? Sont-ils ouverts pour les ténèbres, Ces regards altérés du jour ? De son éclat, ô Nuit ! à…

L’idée De Dieu

Heureux l’oeil éclairé de ce jour sans nuage Qui partout ici-bas le contemple et le lit! Heureux le coeur épris de cette grande image, Toujours vide et trompé si Dieu ne le remplit ! Ah ! pour celui-là seul la nature est son ombre ! En vain le temps se…

L’immortalité

Le soleil de nos jours pâlit dès son aurore, Sur nos fronts languissants à peine il jette encore Quelques rayons tremblants qui combattent la nuit ; L’ombre croit, le jour meurt, tout s’efface et tout fuit ! Qu’un autre à cet aspect frissonne et s’attendrisse, Qu’il recule en tremblant des…

L’isolement

Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ; Je promène au hasard mes regards sur la plaine, Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds. Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ; Il serpente, et s’enfonce en un lointain…

Ode

Peuple ! des crimes de tes pères Le Ciel punissant tes enfants, De châtiments héréditaires Accablera leurs descendants ! Jusqu’à ce qu’une main propice Relève l’auguste édifice Par qui la terre touche aux cieux, Et que le zèle et la prière Dissipent l’indigne poussière Qui couvre l’image des dieux !…