Skip to content

Auteur : Alphonse Esquiros

À Victor Hugo

Toi que, dans nos cieux, un nuage Voiturait parmi les hivers ; Et qu’en se crevant, un orage A jeté de ses flancs ouverts : Aigle, couvé par le tonnerre, Fils des cieux, tu suspends ton aire A quelque monde imaginaire : Cherchant la gloire dans les airs, Ouvrant ton…

La Lampe Du Poète

La lampe du poète agonisait dans l’ombre ; Des rapides printemps il voyait fuir le nombre ; La faim, de son toit pauvre, écartait les amours ; Sa cruche se vidait, et couché sur la paille :  » Il faut donc, disait-il, il faut que je m’en aille, Avec le…

Le Sabbat

Ô peuples ! Savez-vous (c’est l’opprobre du monde) Qu’au sein de vos cités râle une orgie immonde : Minuit sonne, écoutez ! C’est l’heure du sabbat, Où des vieillards quinteux, couronnés de folie, Vont d’un pas chancelant assouvir dans la lie La passion qui les abat. Le vin, en écumant,…

L’orage

C’était un beau spectacle au milieu des ténèbres. La lune qui sortait de ses voiles funèbres, Et qui glissait entre deux tours ; L’orage qui là-bas s’avançait dans les nues ; Le château qui voyait, de ses têtes chenues L’éclair sillonner les contours. Les arbres, balancés par le vent qui…

Ma Muse

Le soir répandait son mystère Sur le bois chaste et solitaire ; Le rossignol harmonieux Déployait sa voix cadencée, Et chaque feuille balancée Rendait un son mélodieux. Assis sous la verte ramée, Je sentais la brise embaumée Passer sur mon front incliné : Et dans mes vagues rêveries, J’effeuillais des…

Ni Plaisir Ni Peine

A la brise du soir quand les feuilles frémissent, Quand le soleil rougit dans un beau ciel d’été, Quand les nuages d’or à l’horizon se plissent, Quand le silence vient, et quand les bois s’emplissent De mystère et d’obscurité, C’est l’heure inspiratrice où la mélancolie Erre sur les bosquets, s’assied…

Paris Aux Réverbères

Un jour, quand de l’yver l’ennuieuse froidure S’atiedist, faisant place au printems gracieux, Lorsque tout rit aux champs, et que les prez joyeux Peingnent de belles fleurs leur riante verdure ; Près du Clain tortueux, sous une roche obscure, Un doux somme ferma d’un doux lien mes yeux. Voyci en…

Souvenir

L’haleine jusqu’ici des Zéphyrs inconstants. Sur l’Océan du monde a gonflé notre voile ; Et notre frêle esquif à l’abri des autans, Pour arriver au port suivit la même étoile. Pour toi le ciel est pur oubliant ses fureurs, L’Océan sous ta rame, ouvre son flot docile ; Le vent…

Un Homme De Moins

Terre, que fallut-il quand l’Europe inondée Ne pouvait retenir la France débordée, Et grosse de fléaux ; Quand les trônes des rois chancelaient sur leur base, Quand nos champs se vidaient, quand la gloire était lasse De suivre nos drapeaux ? Terre, que fallut-il, si longtemps oppressée, Pour reposer enfin…