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Auteur : André Chénier

Le Jeune Malade

Depuis un mois, chère exilée, Loin de mes yeux tu t’en allas, Et j’ai vu fleurir les lilas Avec ma peine inconsolée. Seul, je fuis ce ciel clair et beau Dont l’ardente effluve me trouble, Car l’horreur de l’exil se double De la splendeur du renouveau. En vain j’entends contre…

Hylas

Moins de vingt ans et plus de seize, Voilà son âge ; et maintenant Dites tout bas son nom : Thérèse, Et songez au ciel rayonnant. Quel destin traverseratelle ? Quelle ivresse ? quelle douleur ? Elle n’en sait rien ; cette belle Rit, et se coiffe d’une fleur. Ses…

La Jeune Captive

‘ Le vent chasse loin des campagnes Le gland tombé des rameaux verts ; Chêne, il le bat sur les montagnes ; Esquif, il le bat sur les mers. Jeune homme, ainsi le sort nous presse. Ne joins pas, dans ta folle ivresse, Les maux du monde à tes malheurs…

La Jeune Tarentine

Il est là sombre et fier ; sur la forêt immense, Où ses pères ont vu resplendir leur puissance, Son oeil noir et perçant lance un regard amer. La terre vers le ciel jette ses voix sublimes, Et les pins verdoyants courbent leurs hautes cimes Ondoyantes comme la mer. Mais…

L’amour Endormi

O morts ! dans vos tombeaux vous dormez solitaires, Et vous ne portez plus le fardeau des misères Du monde où nous vivons. Pour vous le ciel n’a plus d’étoiles ni d’orages, Le printemps, de parfums, l’horizon, de nuages, Le soleil, de rayons. Immobiles et froids dans la fosse profonde,…

L’amour Et Le Berger

Qu’il faut avoir l’esprit bizarre et de travers Pour suivre avec ardeur les Muses à la trace! Les gueuses qu’elles sont mettent à la besace Ceux à qui leurs secrets ont été découverts. Depuis que j’ai trouvé la source des beaux vers La fortune me fuit, le malheur m’embarrasse ;…

L’amour Laboureur

Je suis l’halluciné de la forêt des Nombres, Le front fendu, d’avoir buté, Obstinément, contre leur fixité. Arbres roides dans le sol clair Et ramures en sillages d’éclair Et fûts comme un faisceau de lances Et rocs symétriques dans l’air, Blocs de peur et de silence. Làhaut, le million épars…

L’aveugle

C’est ainsi qu’achevait l’aveugle en soupirant, Et près des bois marchait, faible, et sur une pierre S’asseyait. Trois pasteurs, enfans de cette terre, Le suivaient, accourus aux abois turbulens Des Molosses, gardiens de leurs troupeaux bêlans. Ils avaient, retenant leur fureur indiscrète, Protégé du vieillard la faiblesse inquiète ; Ils l’écoutaient…

Hercule

De la dépouille de nos bois L’automne avait jonché la terre ; Le bocage était sans mystère, Le rossignol était sans voix. Triste, et mourant à son aurore, Un jeune malade, à pas lents, Parcourait une fois encore Le bois cher à ses premiers ans : ‘ Bois que j’aime…