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Auteur : Armand Silvestre

Vieille Maison

Dans le vieil hôtel catholique J’aime surtout la grande cour Où veille un fantôme de tour Sur lequel un lierre s’applique. Un platane mélancolique Y garde avec un vague amour Une urne à l’austère contour Où dort, sans doute, une relique Dans sa niche aux coins vermoulus La vieille Pomone…

Mon Coeur Triste, Mon Coeur Amer

Mon coeur triste, mon coeur amer, Mon coeur est pareil à la mer Qu’un flux et qu’un reflux déploie. Des vagues y roulent aussi : Celles qui s’en vont sont ma joie. Celles qui viennent mon souci !

Musique

Sous les premiers soleils qui déchirent la nue L’air plus doux s’allanguit de parfums hésitants. Ô mon unique amour, que ne t’ai-je connue Sur le seuil embaumé d’un éternel printemps ! L’air plus doux s’allanguit de parfums hésitants : Déjà l’âme des fleurs frissonne sous la terre. Sur le seuil…

Mystère

Je veux que le matin l’ignore Le nom que j’ai dit à la nuit, Et qu’au vent de l’aube, sans bruit Comme une larme il s’évapore. Je veux que le jour le proclame L’amour qu’au matin j’ai caché, Et, sur mon coeur ouvert penché, Ainsi qu’un grain d’encens l’enflamme. Je…

Noël D’amour

NOËL ! — En voyant, dans ses langes L’enfant radieux que tu fus, On m’a raconté que les anges Ont cru voir renaître Jésus. De l’azur déchirant les toiles, Ils volèrent du fond des cieux, A leur front portant des étoiles, Des fleurs dans leurs bras gracieux. Devant ton seuil…

O Giuventa Primavera

Le pied blanc de l’aube a laissé Des poussières d’argent sur l’herbe Et mis un pleur vite effacé Au coeur d’argent des lys superbes. – O les beaux matins de printemps Où le soleil, dans les rosées, Allume des fleurs irisées De feux légers et palpitants ! Quand elle eut…

Offrande

A vous s’en vont mes vers tremblants S’abattre devant vos pieds blancs Comme des colombes blessées ; Vous êtes ce qu’ils ont chanté, L’espoir, la grâce, la beauté, Toutes mes chimères passées Tous mes rêves me sont rendus ; L’ange des paradis perdus A leur seuil sous vos traits demeure…

Orage

Comme un cavalier noir sur sa route de feu, De la croupe des monts soulevant des buées, L’orage à l’horizon fouettant le ciel bleu, Éperonne d’éclairs la fuite des nuées. Il galope, sinistre, écrasant sou chemin, Dans l’air épouvanté roulant un bruit d’armure Et, secouant la Mort aux ombres de…

Paysage

A SCOUTTETEN. Sur les eaux et les bois descend la paix du soir Et, de l’horizon d’or, comme d’un encensoir, Honte un souffle attiédi qui vibre sous la nue. Derrière le taillis, la lune va frangeant Les nuages massifs d’un long frisson d’argent, Pour en faire un balcon à son…