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Auteur : François-René De Chateaubriand

L’esclave

Jadis, lorsque mon bras faisait voler la prame Sur le fluide azur de l’abîme calmé, Du sombre désespoir les pleurs mouillaient ma rame : Un charme m’a guéri : j’aime et je suis aimé. Le noir rocher me plaît ; la tour que le flot lave Me sourit maintenant aux grèves de ces…

Nous Verrons

A Philippe Monnier. Je te dédie, ô Mort, le suprême désir De mon coeur dépouillé de la robe illusoire ; Il mettra tout le feu qu’il avait au plaisir A mériter ta grâce, à conquérir ta gloire. Il est mûr pour ta gerbe ; il ne veut plus de vin…

Nuit D’automne

De ces bois s’élève. Sous ces arbres verts, Qu’un vent frais balance, J’entends en silence Leurs légers concerts : Mollement bercée, La voûte pressée En dôme orgueilleux Serre son ombrage, Et puis s’entr’ouvrant. Du ciel lentement Découvre l’image. Là, des nuits l’azur Dans un cristal pur Déroule ses voiles. Et le…

Clarisse

Monsieur l’abbé et monsieur son valet Sont faits égaux, tous deux comme de cire : L’un est grand fou, l’autre petit follet ; L’un veut railler, l’autre gaudir et rire ; L’un boit du bon ; l’autre ne boit du pire. Mais un débat le soir entr’eux s’émeut : Car…

L’amour De La Campagne

Et cependant mes yeux demandoient ce rivage ; Et cependant d’ennuis, de chagrins dévoré. Au milieu des palais, d’hommes froids entouré, Je regrettois partout mes amis du village. Mais le printemps me rend mes champs et mes beaux jours. Vous m’allez voir encore, ô verdoyantes plaines ! Assis nonchalamment auprès de vos…

Le Départ

D’un branchu semblant un grand fagot qui s’évase, Il végète sa mort à jamais défeuillé ; Pourtant, sous tous les ciels, dans l’air sec et mouillé, Son très étrange aspect vous met l’oeil en extase ! C’est que, depuis l’énorme et ronde fourmilière Grouillant au pied pourri de ce petit…