Skip to content

Auteur : Gaston Couté

Les Cailloux

Mais j’ai vite appris le couplet qui pleure Dans la chanson douce en les soirs si doux Et connu le trouble angoissant de l’heure Quand tu ne vins plus à mes rendez-vous ; En vain vers ton cœur monta ma prière Que lui murmurait mon cœur en sanglots Car ton cœur…

Valse Mystique

A mon ami Abel Renault. Le soir, quand paraît la première étoile, Les coeurs de tous ceux qui sont morts d’amour Viennent vers la terre et fendent le voile Qui les cache aux yeux des vivants, le jour. Alors, dans la nuit brune et fantastique, Leur sang meurtri pleut et…

Un Crêpe Au Bras

L’an dernier, je les vis encor Le petit frère aimable et rose Dans sa tunique à boutons d’or Avec sa soeur que la chlorose Emportait oh ! bien doucement – Vers la tombe muette et blanche. Je les vis en me promenant Sur le boulevard, le dimanche Suivis de leur…

Un Bon Métier

Tu f’rais tes class’s au séminaire Où qu’nout’ chât’tain, qu’est ben dévot, T’entertiendrait à ne rien n’faire ; Et tu briff’rais d’la tête d’vieau, Du poulet roûti tout’ la s’maine, En songeant qu’d’aucuns mang’nt à peine Si j’étais que d’toué, j’me mettrais Curé !Et pis, quand t’aurais la tonsure, Tu rabed’rais vouèr…

Sur Le Pressoir

Sous les étoiles de septembre Notre cour a l’air d’une chambre Et le pressoir d’un lit ancien ; Grisé par l’odeur des vendanges Je suis pris d’un désir Né du souvenir des païens. Couchons ce soir Tous les deux, sur le pressoir ! Dis, faisons cette folie ? Couchons ce…

Sur La Grand’route

Nous sommes les crève-de-faim Les va-nu-pieds du grand chemin Ceux qu’on nomme les sans-patrie Et qui vont traînant leur boulet D’infortunes toute la vie, Ceux dont on médit sans pitié Et que sans connaître on redoute Sur la grand’route. Nous sommes nés on ne sait où Dans le fossé, un…

Requiescat In Pace

Comme s’effeuille une rose L’amante dolente aux traits Ravagés par la chlorose Est morte au soir des regrets Et sur le bord de sa fosse Le vieux prêtre au dos cassé A glapi de sa voix fausse Requiescat in pace !… Et maintenant pauvre chère Elle git loin du soleil…

Renouveau

Ben oui, notre amour était mort Sous les faux des moissons dernières, (La javelle fut son suaire ) Ben oui, notre amour était mort, Mais voici que je t’aime encor ! Pan pan ! pan pan ! à grands coups sourds, Comme lorsqu’on cloue une bière, J’ai battu les gerbes…

L’odeur Du Fumier

Ah ! bon guieu, oui, l’ sacré cochon ! J’en prends pus avec mes narines Qu’avec les deux dents d’ mon fourchon Par oùsque l’ jus i’ dégouline, – I’ pu’ franch’ment, les villotiers ! Mais vous comprendrez ben eun’ chouse, C’est qu’ i’ peut pas senti’ la rouse ! C’est du feumier i’…

Gueux

Ô jeune cavale, au regard farouche, Qui cours dans les prés d’herbe grasse emplis, L’écume de neige argente ta bouche, La sueur ruisselle à tes flancs polis. Vigoureuse enfant des plaines de Thrace, Tu hennis au bord du fleuve mouvant, Tu fuis, tu bondis, la crinière au vent : Les…

L’école

L’matin est joli coumm’ trent’-six sourires, Le souleil est doux coumm’ les yeux des bêtes La vie ouvre aux p’tiots son grand liv’ sans lett’es Oùsqu’on peut apprend’ sans la pein’ de lire : Ah ! les pauv’s ch’tiots liv’s que ceuss’ des malettes !La mouésson est mûre et les blés sont blonds ;…

Le Vieux Trouvère

Dans ce temps-là, je n’avais rien, Rien du tout dans mon escarcelle, Et ma lyre était tout mon bien ; Dans ce temps-là je n’avais rien Que de grands trous à mon pourpoint Et le coeur de ma damoiselle. Dans ce temps-là je n’avais rien, Rien du tout dans mon…

Le Pauvre Gars

Sonnet Moi, je vis la vie à côté, Pleurant alors que c’est la fête. Les gens disent : ‘Comme il est bête !’ En somme, je suis mal coté. J’allume du feu dans l’été, Dans l’usine je suis poète ; Pour les pitres je fais la quête, Qu’importe ! J’aime…

Le Deuil Du Moulin

Mon fils est mort. J’adore, ô mon Dieu, votre loi. Je vous offre les pleurs d’un coeur presque parjure ; Vous châtiez bien fort et parferez la foi Qu’alanguissait l’amour pour une créature. Vous châtiez bien fort. Mon fils est mort, hélas ! Vous me l’aviez donné, voici que votre…