Nobles Et Valets

Ces nobles d’autrefois dont parlent les romans,

Ces preux à fronts de boeuf, à figures dantesques,

Dont les corps charpentés d’ossements gigantesques

Semblaient avoir au soi racine et fondements ;
S’ils revenaient au monde, et qu’il leur prît l’idée

De voir les héritiers de leurs noms immortels,

Race de Laridons, encombrant les hôtels

Des ministres, rampante, avide et dégradée ;
Êtres grêles, à buscs, plastrons et faux mollets : –

Certes ils comprendraient alors, ces nobles hommes,

Que, depuis les vieux temps, au sang des gentilshommes

Leurs filles ont mêlé bien du sang de valets !

Talma

Oh ! De quelle splendeur brillaient nos jours passés,
Quand un autre soleil échauffait la patrie ;
Quand nos jeunes lauriers, vers le ciel élancés,
Agitaient noblement leur tige refleurie !
Ces grands jours, déjà loin, ne vont plus s’éveiller :
Notre avenir se décolore,
Et le siècle prodigue a jeté dès l’aurore
Tout l’éclat dont il dut briller.

Sur un rocher désert notre grand capitaine
Du poids de ses malheurs se sentit accablé ;
Et comme lui, plus tard, une plage lointaine
Dévora David exilé !

Que de gloire, que d’espérance
On voit s’éteindre chaque jour !
De la couronne de la France
Que de fleurs tombent sans retour !
Que de mortels de qui l’aurore
Rayonna d’immortalité,
Et dont ce siècle, jeune encore,
Est déjà la postérité !

Un regret plus profond nous a frappés naguère ;
Le modèle du citoyen,
De notre liberté le plus digne soutien,
Est descendu dans la poussière ! —
Mais encore une fois le sol s’est divisé :
C’est une autre fosse qu’on ouvre ;
Près de la terre qui le couvre,
Un nouveau tombeau s’est creusé !
Qu’attend-il ? Quelle autre victime
Doit y descendre cette fois ? —

C’est cet interprète sublime
Qui fit souvent parler les rois :
À sa vue, à ses traits, vers les jours d’un autre âge,
L’homme se croyait transporté,
Et dans sa voix, dans son visage,
Vivait toute l’antiquité.

Héros de la Grèce et de Rome,
Ô vous, l’honneur des temps passés,
Vous tombez avec le grand homme
Qui vous a si bien retracés.
Il meurt, ce flambeau de la scène
Que long-temps son souffle anima :
Pleurez, amans de Melpomène,
Pleurez TALMA ! Pleurez TALMA !

Ah ! chargez de lauriers la terre enorgueillie :
Des lauriers, des lauriers encore !
Français, la gloire et le génie
Perdent un bien riche trésor !
Qui pourra jamais rendre une telle espérance
Aux arts surpris et triomphants ?
Il faut des siècles à la France
Pour produire de tels enfants.

Nous ne l’entendrons plus ! — Cet organe sublime
Qui fit si bien parler le courage et le crime,
Et pénétra nos cœurs de sentiments si beaux,
S’est éteint pour jamais dans la nuit des tombeaux !
Nous ne le verrons plus ! — C’est en vain qu’au théâtre,
Qu’il remplit si souvent d’une foule idolâtre,
Nous chercherons ce port si plein de majesté,
Cette toge où vivait un air d’antiquité,
Cet œil étincelant d’une si noble flamme,
Ces traits pleins d’énergie, où s’imprimait son âme,
Cet organe brûlant, tant de fois entendu,
Qui traînait après soi notre esprit suspendu…
Plus de TALMA ! — La scène, à tous les yeux déserte,
D’inutiles acteurs en vain sera couverte ;
En vain d’attraits nouveaux on voudra l’embellir…
Un vide y restera… qui ne peut se remplir.

Écoutez ! Écoutez ! Je crois entendre encore
Les sublimes accents de cette voix sonore :
Ici Brutus, aux yeux du public transporté,
Parle de la patrie et de la liberté ;
Germanicus trahi périt avec courage,
Et Régulus s’écrie : À Carthage ! À Carthage !
Marius et Sylla rappellent par leurs traits
Ceux d’un héros plus grand cher encore aux Français ;
Marius indigné contre Rome conspire,
Et César perd la vie en acceptant l’empire.
D’Othello, d’Orosmane, objets de nos terreurs,
Qu’il représente bien les jalouses fureurs !
Que de rage dans leur sourire !
Au fils d’Agamemnon qu’il prête en son délire
Une étonnante vérité !
Rien de lui-même en lui ne reste,
Ce n’est PLUS TALMA…, c’est Oreste…,
C’est Oreste ressuscité !

Et le voilà ! ! ! — Pour lui la tombe s’est ouverte :
La France maintenant peut mesurer sa perte !
Elle voit son cercueil pour la dernière fois :
Où le placera-t-on ? Quelle noble demeure
Garde-t-on pour celui sur qui la France pleure ?
Va t-il, comme Garrick, dans le tombeau des rois ?
— Non ! le grand homme qui succombe
Est, dit-on, digne de l’enfer ;
L’Éternel le réprouve, et l’Église à sa tombe
Refusera ses pleurs qui se vendent si cher.

Notre-dame De Paris

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être

Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;

Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher

Comme un loup fait un boeuf, cette carcasse lourde,

Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde

Rongera tristement ses vieux os de rocher !
Bien des hommes, de tous les pays de la terre

Viendront, pour contempler cette ruine austère,

Rêveurs, et relisant le livre de Victor :

– Alors ils croiront voir la vieille basilique,

Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,

Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !

Une Allée Du Luxembourg

Elle a passé, la jeune fille

Vive et preste comme un oiseau

À la main une fleur qui brille,

À la bouche un refrain nouveau.
C’est peut-être la seule au monde

Dont le coeur au mien répondrait,

Qui venant dans ma nuit profonde

D’un seul regard l’éclaircirait !
Mais non, ma jeunesse est finie

Adieu, doux rayon qui m’as lui, –

Parfum, jeune fille, harmonie

Le bonheur passait, il a fui !

Ode

I.

Le Temps ne surprend pas le sage,
Mais du Temps le sage se rit,
Car lui seul en connaît l’usage :
Des plaisirs que Dieu nous offrit
Il sait embellir l’existence,
Il sait sourire à l’espérance,
Quand l’espérance lui sourit.

II.

Le bonheur n’est pas dans la gloire,
Dans les fers dorés d’une cour,
Dans les transports de la victoire,
Mais dans la lyre et dans l’amour :
Choisissons une jeune amante,
Un luth qui lui plaise et l’enchante :
Aimons et chantons tour-à-tour.

III.

 » Illusions ! vaines images !
Nous diront les tristes leçons
De ces mortels prétendus sages
Sur qui l’âge étend ses glaçons :
Le bonheur n’est point sur la terre,
Votre amour n’est qu’une chimère,
Votre lyre n’a que des sons.  »

IV.

Ah ! préférons cette chimère
À leur froide moralité ;
Fuyons leur voix triste et sévère ;
Si le mal est réalité,
Et si le bonheur est un songe,
Fixons les yeux sur le mensonge,
Pour ne pas voir la vérité.

V.

Aimons au printemps de la vie,
Afin que d’un noir repentir
L’automne ne soit point suivie ;
Ne cherchons pas dans l’avenir
Le bonheur que Dieu nous dispense ;
Quand nous n’aurons plus l’espérance,
Nous garderons le souvenir.

VI.

Jouissons de ce temps rapide,
Qui laisse après lui des remords,
Si l’amour, dont l’ardeur nous guide,
N’a d’aussi rapides transports :
Profitons de l’adolescence,
Car la coupe de l’existence
Ne pétille que sur ses bords.

Une Amoureuse Flamme

Une amoureuse flamme

Consume mes beaux jours ;

Ah ! la paix de mon âme

A donc fui pour toujours !
Son départ, son absence

Sont pour moi le cercueil ;

Et loin de sa présence

Tout me paraît en deuil.
Alors, ma pauvre tête

Se dérange bientôt ;

Mon faible esprit s’arrête,

Puis se glace aussitôt.
Une amoureuse flamme

Consume mes beaux jours ;

Ah ! la paix de mon âme

A donc fui pour toujours !
je suis à ma fenêtre,

Ou dehors, tout le jour,

C’est pour le voir paraître,

Ou hâter son retour.
Sa marche que j’admire,

Son port si gracieux,

Sa bouche au doux sourire,

Le charme de ses yeux ;
La voix enchanteresse

Dont il sait m’embraser,

De sa main la caresse,

Hélas ! et son baiser
D’une amoureuse flamme

Consumant mes beaux jours ;

Ah ! la paix de mon âme

A donc fui pour toujours !
Mon coeur bientôt se presse,

Dès qu’il le sent venir ;

Au gré de ma tendresse

Puis-je le retenir ?
Ô caresses de flamme !

Que je voudrais un jour

Voir s’exhaler mon âme

Dans ses baisers d’amour !

Le Roi De Thulé

Il était un roi de Thulé

A qui son amante fidèle

Légua, comme souvenir d’elle,

Une coupe d’or ciselé.
C’était un trésor plein de charmes

Où son amour se conservait :

A chaque fois qu’il y buvait

Ses yeux se remplissaient de larmes.
Voyant ses derniers jours venir,

Il divisa son héritage,

Mais il excepta du partage

La coupe, son cher souvenir.
Il fit à la table royale

Asseoir les barons dans sa tour ;

Debout et rangée alentour,

Brillait sa noblesse loyale.
Sous le balcon grondait la mer.

Le vieux roi se lève en silence,

Il boit, frissonne, et sa main lance

La coupe d’or au flot amer !
Il la vit tourner dans l’eau noire,

La vague en s’ouvrant fit un pli,

Le roi pencha son front pâli

Jamais on ne le vit plus boire.

Ode Sur La Légion D’honneur

À L’ÉTOILE DE LA LÉGION D’HONNEUR.
Imitée de L. Byron.

I.

Toi qui répandis tant de gloire
Sur les vivants et sur les morts,
Phare éclatant de la victoire,
Qui longtemps brûlas sur nos bords,
Aux feux de ta vive lumière,
L’homme se rendait immortel !
Pourquoi retomber sur la terre
Quand ton séjour était le ciel ?

II.

Des héros morts les nobles âmes
Formaient ta céleste clarté ;
Au sein de tes rayons de flammes
Étincelait l’éternité :
Fatal à l’orgueil des royaumes,
Ton météore audacieux,
Aux regards effrayés des hommes,
Parut comme un volcan des cieux !

III.

Le sang que tu faisais répandre
Aux jours terribles des combats,
Roulait sur la funèbre cendre
Des cités que tu dévoras :
Partout où surgit ta lumière,
Le sol en ses flancs palpita,
Le soleil quitta l’hémisphère,
Et longtemps la foudre éclata.

IV.

Messager de ta course ardente,
Un arc-en-ciel te précédait ;
Toujours son écharpe éclatante
De trois couleurs se composait :
Elles n’ont point été ternies
Par l’Envie au souffle empesté ;
Car elles brillaient réunies,
Sous la main de la Liberté.

V.

La première était empruntée
À l’éclat des célestes feux ;
Une autre à la lune argentée ;
La troisième à l’azur des cieux :
Nobles couleurs !… céleste emblème !…
Qui souvent aux yeux des mortels
Paraît, comme un songe qu’on aime,
Et qui vient des lieux éternels !

VI.

Astre pur ! étoile des braves !
Tu tombas au jour des revers ;
Et bientôt des peuples esclaves,
La chaîne enceindra l’univers ;
Car, depuis ta chute profonde,
Notre vie est un poids impur,
Et le destin promis au monde,
Pâlit dans un lointain obscur.

VII.

La liberté, loin des esclaves,
S’assied sur de nobles tombeaux ;
Le trépas est grand pour les braves
Qui succombent sous ses drapeaux.
Liberté ! dans nos jours moins sombres,
Puissions-nous voir briller la loi…
Ou rejoindre les nobles ombres
Des guerriers qui sont morts pour toi !

Une Femme Est L’amour

Une femme est l’amour, la gloire et l’espérance ;
Aux enfants qu’elle guide, à l’homme consolé,
Elle élève le cœur et calme la souffrance,
Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.

Courbé par le travail ou par la destinée,
L’homme à sa voix s’élève et son front s’éclaircit ;
Toujours impatient dans sa course bornée,
Un sourire le dompte et son cœur s’adoucit.

Dans ce siècle de fer la gloire est incertaine :
Bien longtemps à l’attendre il faut se résigner.
Mais qui n’aimerait pas, dans sa grâce sereine,
La beauté qui la donne ou qui la fait gagner ?

Le Temps

Ode
I
Le Temps ne surprend pas le sage ;

Mais du Temps le sage se rit,

Car lui seul en connaît l’usage ;

Des plaisirs que Dieu nous offrit,

Il sait embellir l’existence ;

Il sait sourire à l’espérance,

Quand l’espérance lui sourit.
II
Le bonheur n’est pas dans la gloire,

Dans les fers dorés d’une cour,

Dans les transports de la victoire,

Mais dans la lyre et dans l’amour.

Choisissons une jeune amante,

Un luth qui lui plaise et l’enchante ;

Aimons et chantons tour à tour !
III
  » Illusions ! vaines images !   »

Nous dirons les tristes leçons

De ces mortels prétendus sages

Sur qui l’âge étend ses glaçons ;   »

  » Le bonheur n’est point sur la terre,

Votre amour n’est qu’une chimère,

Votre lyre n’a que des sons !   »
IV
Ah ! préférons cette chimère

A leur froide moralité ;

Fuyons leur voix triste et sévère ;

Si le mal est réalité,

Et si le bonheur est un songe,

Fixons les yeux sur le mensonge,

Pour ne pas voir la vérité.
V
Aimons au printemps de la vie,

Afin que d’un noir repentir

L’automne ne soit point suivie ;

Ne cherchons pas dans l’avenir

Le bonheur que Dieu nous dispense ;

Quand nous n’aurons plus l’espérance,

Nous garderons le souvenir.
VI
Jouissons de ce temps rapide

Qui laisse après lui des remords,

Si l’amour, dont l’ardeur nous guide,

N’a d’aussi rapides transports :

Profitons de l’adolescence,

Car la coupe de l’existence

Ne pétille que sur ses bords !
(1824)

Pensée De Byron

Élégie
Par mon amour et ma constance,

J’avais cru fléchir ta rigueur,

Et le souffle de l’espérance

Avait pénétré dans mon coeur ;

Mais le temps, qu’en vain je prolonge,

M’a découvert la vérité,

L’espérance a fui comme un songe

Et mon amour seul m’est resté !
Il est resté comme un abîme

Entre ma vie et le bonheur,

Comme un mal dont je suis victime,

Comme un poids jeté sur mon coeur !

Pour fuir le piège où je succombe,

Mes efforts seraient superflus ;

Car l’homme a le pied dans la tombe,

Quand l’espoir ne le soutient plus.
J’aimais à réveiller la lyre,

Et souvent, plein de doux transports,

J’osais, ému par le délire,

En tirer de tendres accords.

Que de fois, en versant des larmes,

J’ai chanté tes divins attraits !

Mes accents étaient pleins de charmes,

Car c’est toi qui les inspirais.
Ce temps n’est plus, et le délire

Ne vient plus animer ma voix ;

Je ne trouve point à ma lyre

Les sons qu’elle avait autrefois.

Dans le chagrin qui me dévore,

Je vois mes beaux jours s’envoler ;

Si mon oeil étincelle encore,

C’est qu’une larme va couler !
Brisons la coupe de la vie ;

Sa liqueur n’est que du poison ;

Elle plaisait à ma folie,

Mais elle enivrait ma raison.

Trop longtemps épris d’un vain songe,

Gloire ! amour ! vous eûtes mon coeur :

O Gloire ! tu n’es qu’un mensonge ;

Amour ! tu n’es point le bonheur !

Vers Dorés

Homme ! libre penseur te crois-tu seul pensant

Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :

Des forces que tu tiens ta liberté dispose,

Mais de tous tes conseils l’univers est absent.
Respecte dans la bête un esprit agissant :

Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;

Un mystère d’amour dans le métal repose :

 » Tout est sensible !   » Et tout sur ton être est puissant !
Crains dans le mur aveugle un regard qui t’épie

A la matière même un verbe est attaché

Ne la fais pas servir à quelque usage impie !
Souvent dans l’être obscur habite un Dieu caché ;

Et comme un oeil naissant couvert par ses paupières,

Un pur esprit s’accroît sous l’écorce des pierres !

L’enfance

Qu’ils étaient doux ces jours de mon enfance

Où toujours gai, sans soucis, sans chagrin,

je coulai ma douce existence,

Sans songer au lendemain.

Que me servait que tant de connaissances

A mon esprit vinssent donner l’essor,

On n’a pas besoin des sciences,

Lorsque l’on vit dans l’âge d’or !

Mon coeur encore tendre et novice,

Ne connaissait pas la noirceur,

De la vie en cueillant les fleurs,

Je n’en sentais pas les épines,

Et mes caresses enfantines

Étaient pures et sans aigreurs.

Croyais-je, exempt de toute peine

Que, dans notre vaste univers,

Tous les maux sortis des enfers,

Avaient établi leur domaine ?
Nous sommes loin de l’heureux temps

Règne de Saturne et de Rhée,

Où les vertus, les fléaux des méchants,

Sur la terre étaient adorées,

Car dans ces heureuses contrées

Les hommes étaient des enfants.
(1822)

Politique

Dans Sainte-Pélagie,
Sous ce règne élargie,
Où, rêveur et pensif,
Je vis captif,

Pas une herbe ne pousse
Et pas un brin de mousse
Le long des murs grillés
Et frais taillés.

Oiseau qui fends l’espace…
Et toi, brise, qui passe
Sur l’étroit horizon
De la prison,

Dans votre vol superbe,
Apportez-moi quelque herbe,
Quelque gramen, mouvant
Sa tête au vent !

Qu’à mes pieds tourbillonne
Une feuille d’automne
Peinte de cent couleurs,
Comme les fleurs !

Pour que mon âme triste
Sache encor qu’il existe
Une nature, un Dieu
Dehors ce lieu.

Faites-moi cette joie,
Qu’un instant je revoie
Quelque chose de vert
Avant l’hiver !

Les Cydalises

Où sont nos amoureuses ?

Elles sont au tombeau .

Elles sont plus heureuses,

Dans un séjour plus beau !
Elles sont près des anges,

Dans le fond du ciel bleu,

Et chantent les louanges

De la mère de Dieu !
Ô blanche fiancée !

Ô jeune vierge en fleur !

Amante délaissée,

Que flétrit la douleur !
L’éternité profonde

Souriait dans vos yeux

Flambeaux éteints du monde,

Rallumez-vous aux cieux !