Pourrières

Un vieux clocher coiffé de fer sur la colline.

Des fenêtres sans cris, sous des toits sans oiseaux.

D’un barbaresque Azur la paix du Ciel s’incline.

Soleil dur ! Mort de l’ombre ! Et Silence des Eaux.
Marius ! son fantôme à travers les roseaux,

Par la plaine ! Un son lent de l’Horloge féline.

Quatre enfants sur la place où l’ormeau perd ses os,

Autour d’un Pauvre, étrange, avec sa mandoline.
Un banc de pierre chaud comme un pain dans le four,

Où trois Vieux, dans ce coin de la Gloire du Jour,

Sentent au rayon vif cuire leur vieillesse.
Babet revient du bois, tenant sa mule en laisse.

Noir, le Vicaire au loin voit, d’une ombre au ton bleu,

Le Village au soleil fumer vers le Bon Dieu.

Un Peu De Musique

Une musique amoureuse

Sous les doigts d’un guitariste

S’est éveillée, un peu triste,

Avec la brise peureuse ;
Et sous la feuillée ombreuse

Où le jour mourant résiste,

Tourne, se lasse, et persiste

Une valse langoureuse.
On sent, dans l’air qui s’effondre,

Son âme en extase fondre ;

– Et parmi la vapeur rose
De la nuit délicieuse

Monte cette blonde chose,

La lune silencieuse.

Prière

Au plus haut point de la montagne la plus pure,

Au plus beau jour de nos époques favorites

Où le désert se fleurissait de nouveaux rites,

A l’heure d’or la plus sévère à la nature ;
Blanche et les flancs pressés d’une longue ceinture,

Debout dans l’idéal concert de ses mérites,

La plus sainte et la plus charmante des ermites

Lève au ciel ses bras nus dans leurs manches de bure.
Son visage d’un feu tranquille et blanc rayonne

Comme une neige ou comme un linge où l’astre donne ;

Son coeur allumé s’ouvre au céleste conseil !
Et les plaines, à ces sauvages pieds d’yeuses,

Sont un cirque apaisé de bêtes précieuses

Les yeux de Jésus-Christ s’ouvrent dans le soleil.

Vilain

J’ai connu, Madame, une Dame,

Moi vilain petit paysan,

Aussi grande de cœur et d’âme

Que la plus grande et fine lame

Et pleine d’esprit jugez-en.
Un soir, mon âme était complète,

Comme dit, après avoir bu,

Le jeune homme qui fait la fête ;

De vrai, je n’avais plus ma tête,

J’étais totalement fourbu.
J’avais l’esprit un peu morose ;

Je ne sais ce qui traversa

Ma cervelle, pour quelle cause

 » Comment, perdîtes vous ta rose ?

Oui, Madame, contez-nous ça.  »
Ah ! que notre bêtise est grande !

Doux Jésus ! Amour de Sion !

Ma langue à vous se recommande

Oui car pourquoi cette demande,

Ou plutôt cette question ?
Comment perdîtes-vous Ta rose ?

Et j’attendais, me tenant coi.

Alors, tout doucement, sans pose,

Comme on dit, hélas ! quelque chose

En songeant à n’importe quoi.
 » Bien simplement.  » répondit-elle.

N’est-ce pas céleste et charmant ?

Cette réponse est immortelle.

Je voudrais d’un flot de dentelle

Encadrer ce : Bien simplement !

Promenade Automnale

Lorsque j’ai travaillé, pensif, sur mon pupitre

Tout le jour, sans voir même éclater à la vitre

Le rayon tiède et clair du soleil automnal,

Je m’arrache parfois à mon logis banal

Et, tout entier au rêve ardent qui m’accompagne,

Je m’en vais lentement le soir vers la campagne.
Le faubourg est bruyant par où je dois passer :

Au fond des cabarets on s’apprête à danser,

Et les orgues déjà préludent aux quadrilles ;

Les écoliers, rentrés de classe, jouent aux billes,

Et les femmes, qui sont sur des chaises de bois,

Allaitent leurs enfants en épluchant des noix.
Je marche en me hâtant pour quitter la banlieue,

Et, sans presque y songer, je fais toute une lieue

Jusqu’à ce que je sois libre et seul en pleins champs.

Alors je goûte en paix la splendeur des couchants :

Le soleil, dont la sphère opaque est agrandie,

Inonde l’horizon d’un reflet d’incendie,

Et les carreaux lointains des fermes sont en feu.
Dans le ciel, quelques blancs nuages sur fond bleu :

On croirait voir un golfe où courent quelques voiles

Qui pour falots vont vite allumer les étoiles.
Un calme solennel s’étend : les arbres verts

Paraissent noirs sur les horizons encor clairs ;

Là-bas un paysan s’estompe dans la brume,

En manches rouges, sur son petit champ qu’il fume.
Fredonnant d’une voix rauque, des bateliers,

Sur le chemin que borne un rang de peupliers,

Jettent pour aborder un branlant pont de planches.

Les vaches aux poils roux plaqués de taches blanches,

Quittant à regret l’herbe et les trèfles fanés

Et beuglant tout le long des sentiers contournés,

Sous le fouet des gamins gagnent les métairies.

De fluides vapeurs flottent sur les prairies ;

Le vol des moucherons agace les roseaux ;

Les saules, dont les pieds plongent au bord des eaux,

Laissant s’y rafraîchir leur pâle chevelure,

Rêvent dans une morne et fantastique allure.

Les moulins reposés, immobiles et droits,

Avec leurs bras ouverts semblent de grandes croix ;

Sur des cordes, le linge entre les arbres sèche

Et claque au frôlement de la brise plus fraîche ;

L’Angélus du soir vibre en accords argentins ;

Un bruit vague de voix se perd dans les lointains,

Et par moments le cri rythmique des cigales

Perce d’un son aigu ces rumeurs musicales.
Et c’est pour l’âme un charme ineffable de voir

L’automne unir sa grâce à la grâce du soir,

Car l’heure et la saison étant de connivence

Font doux l’hiver qui vient et la nuit qui s’avance.

Volupté

Plaisir, bourreau des cœurs, vendeur juré des âmes,

Ah ! trop longtemps tu pris le masque de l’amour

Au vestiaire impur des romans et des drames !
Voyageant sous son nom et suivi par ta cour

De Lovelaces fous et de Phèdres navrées,

Plaisir, tyran cruel, voici venir ton tour !
Ah ! trop longtemps tu fis, dans tes mornes Caprées,

Des corps humains liés à tes rouges poteaux

De blancs Saint-Sébastiens pleins de flèches dorées ;
Et depuis trop longtemps, roulé dans tes manteaux,

Tu te glisses le soir dans les tavernes saoules,

Où tu mets les hoquets et les coups de couteaux.
Renard caché qui mord le ventre obscur des foules,

N’es-tu pas las d’errer épié dans tes nuits

Par le crime dans l’ombre horrible où tu te coules ?
Père des sommeils lourds et des mornes ennuis,

N’es-tu pas las de boire au fond des yeux la vie,

Comme un soleil brutal boit l’ombre dans un puits ?
— Tout ce qui vient de Dieu, tout ce qui fait envie :

La grâce des fronts purs, la force des lutteurs,

L’intelligence, lampe à Dieu même ravie,
Jusqu’à la voix qui vibre au gosier des chanteurs,

Jusqu’au trésor de pleurs qui tremble au cœur des femmes,

Tu fais passer sur tout tes souffles destructeurs.
Tu donnes jusqu’au goût des souffrances infâmes,

Et les petits enfants, qui baissent leurs cils noirs,

Pâlissent au passage effrayant de tes flammes.
Tu glanes des savants aux plis de tes peignoirs,

Et tu domptes le cœur des rudes capitaines,

Rien qu’avec le parfum que jettent tes mouchoirs.
Tu traites les vertus d’atroces puritaines,

Mais leur cœur réfléchit, comme un lac de cristal,

La force et la douceur des étoiles hautaines.
Cependant, dur geôlier dont le poignard brutal

Ne se laisse fléchir par les cris de personne,

Tu peuples la prison autant que l’hôpital.
Tu te dis bon vivant, tu t’assieds sur la tonne,

Ton verre dans la main, tu chantes, et pourtant

Aux hideurs que tu fais la science s’étonne.
Tu couves tous les fruits d’un air inquiétant ;

Ton appétit funèbre engloutirait le monde,

Pourvoyeur de la mort, qui n’est jamais content.
Que t’importe ! Tu ris sous ta perruque blonde,

Ou bien tu vas prêcher la modération,

Rhéteur païen, leurré par ta propre faconde.
Fils lugubre de l’homme, et sa punition,

Ennemi de l’amour, tu rêves la conquête

De sa gloire, et maudis sa noble passion
Mais l’amour triomphant met le pied sur ta tête !

Rêve Claustral

Je vous connais comme elle, ô murs, travail des nonnes,

Préaux fleuris d’amours furtifs, silencieux

Parloirs, où, par la nuit, l’âme des lunes bonnes

Se distille, rosée errante de leurs yeux ;
Cour grise où tourne le soulier lacé des grandes,

Couvrant sous de longs cils des yeux endoloris,

S’imaginant, le soir des mystiques offrandes,

Causer, dans les rideaux avec de purs esprits.
Je vous ai vus, ô lents tours noirs où les plus braves

Rentrent avec l’effroi du parler patelin ;

Et je vous aime aussi, novices, pour les graves

Désirs tapis aux plis de vos jupes de lin.
Dortoirs religieux, vous me bercez comme elle

Là, le sommeil est le seul des péchés permis,

Et l’on entend monter, bouffonne et solennelle

Leur jeune haleine aux dents des anges endormis.
Je vous adore, froid parfum des sacristies,

Choeur d’agate où le jour, sous un rideau sanglant,

Voit éclore, parmi la danse des hosties,

Le rêve violet d’un doux évêque blanc ;
Chapelle de soupirs, grilles, ombre jalouse

D’où la pensionnaire aux essors fabuleux

Reluque, avec le coeur d’une petite épouse,

Un séraphin charmant, pâle au fond des cieux bleus ;
Prises de voile, où la vierge, en ses frissons vagues,

Sur l’autel, dont la marche a sacré ses genoux,

Ecoute sa toison, qui va fleurir en bagues,

Choir sous les ciseaux saints, terrifiants et doux.
Celle qu’avec le nard pudique d’un roi mage

J’encense dans mon coeur, se meurt là ; j’ai pu voir

Ses yeux, lampes d’amour où brûle mon image,

Et je m’en suis allé, bien ivre un certain soir !
Ô toi qui vis dans ces solitudes de femme,

Et qui n’as dû garder de ton été premier

Qu’à peine assez de corps pour contenir une âme,

Colombe en route pour l’éternel colombier ;
Cieux choisis d’où l’on voit pleuvoir encor des mannes

Et descendre sur les fronts des langues de feu,

Ma bouche en vous rêvant faite aux argots profanes,

Bégaie une oraison : je me trompe avec Dieu.
Vergers mûrs où la sainte a le respect des mouches,

Cours grises, encensoirs berceurs, avents jeûnés,

Vers vous comme à vos pieds, chères saintes nitouches –

Je m’agenouille avec la larme des damnés.

Saintes Femmes

Quelle étoile nous vit donc naître, nous qui sommes

Les voleuses de vos coeurs charmants, Enfants-rois ?

C’est nous qui vous faisons la cour, ô jeunes hommes,

Et vos légèretés nous sont d’atroces croix.
En nous rien des yeux verts de l’amante fatale

Par sa jupe épandue en mare de sang noir.

Rien des beautés faisant que le désir détale

Devant leurs coeurs repus de vaches au dormoir.
Mais nous nous déclarons d’avance les sujettes

De votre règne aimable ou non, sans nul souci

Que celui d’approcher vos mains ; sommes-nous bêtes

De vous bercer, de vous enorgueillir ainsi !
Pour atteindre aux baisers graves de votre bouche,

Il nous plaît de braver, dans votre embrassement,

Jusques à toi, Baiser déchirant, et toi couche

Où le sang violé s’éperle obscurément.
Mais quand nous vous tenons, Coeurs trop pleins de silences,

Nous ne savons, pleurant à vos torts expiés,

Que faire du tissu de vos obédiences

Un tapis pour la plante exquise de nos pieds.
Aussi trop tôt, mon Dieu ! redoutant quelque fraude,

Comme un chien, autour des pacages timorés,

Notre âme tristement s’en va tourner et rôde

A la porte par où vous nous êtes entrés.
Bien qu’offrant à vos nuits ce qu’il faut à ces luttes

Où s’exerce le coeur irritable, âcreté

Des Baisers, et soupirs rieurs comme des flûtes,

Et ventre glorieux de sa stérilité,
Nous vous perdons, malgré nos deux mains maternelles,

Mais vous n’emportez pas, pour vos futurs exils,

L’orgueil d’avoir éteint nos fécondes prunelles

Et bu notre âme humide aux pointes de nos cils.
Donc, homme, errant de créature en créature,

Tu viens et tu t’en vas, sans comprendre beaucoup

Tout ce que nous mettons de céleste imposture

A te sourire avec deux longs bras à ton cou.
Du reste nous savons l’oubli des Récompenses

Et que l’Amour au fond n’est qu’un divin Ennui.

Puis notre coeur est plus plein que tu ne le penses,

Car une fois au point dans la première nuit,
Lorsque, le sang fouetté d’une crainte immortelle,

Les yeux injectés d’or dans un coucher de feu,

Nos doigts laissent fuir nos pantalons de dentelle,

Votre sourire est plein d’infinis, il est Dieu.
Après tout, nous ferons des morts saintes, cilice

Sous l’épaule, allongeant nos deux mains sur le drap,

Quand nous avalerons l’hostie avec délice,

Notre amour pour un Autre alors s’élargira ;
Car nous croyons à tes beautés spirituelles,

Ô Jésus, et que seul tu donnes sans rancoeurs

Le dernier mot des sens aux Immatérielles,

Toi l’Eternel, toi le plus riche Amant des Coeurs !

Set Ohaëdat

Je vous fus présenté Madame, dans la salle

De marbre frais et sombre où vous passiez les jours

Au bruit de ces jets d’eau monotones des cours

Damasquinés ; l’or blanc cerclait votre bras pâle.
Assise à terre, à la manière orientale,

Vous écoutiez ceux qui distillent les discours

Des les narghilés d’argent aux tons d’opale

Que la Paresse fume à coups distraits et courts.
Des fleurs couraient parmi vos étoffes de soie ;

Vos yeux éclairaient l’ombre où votre front se noie ;

Votre pied nu brillait ; votre accent étranger
Eclatait dans ma tête en notes délicates ;

Je vois toujours vos dents blanches, fines et plates

Quand votre lèvre, mouche en rumeur, fit :  » Franger ? « 

Smala

Le soleil verse aux toits des chambres mal fermées

Ses urnes enflammées ;

En attendant le kief, toutes sont là, pâmées,

Sur les divans brodés de chimères armées ;
Annès, Nazlès, Assims, Bourbaras, Zalimées,

En lin blanc, la prunelle et la joue allumées

Par le fard, parfumées,

Tirant des narghilés de légères fumées,
Ou buvant, ranimées,

Les ongles teints, les doigts illustrés de camées,

Dans les dés d’argent fin des liqueurs renommées.
Sur les coussins vêtus d’étoffes imprimées,

Dans des poses d’almées,

Voluptueusement fument les bien-aimées.

Sonnet – Khatoum

Oh ! peindre tes cheveux du bleu de la fumée,
Ta peau dorée et d’un ton tel qu’on croit y voir presque
Une rose brûlée ! et ta chair embaumée,
Dans les grands linges d’ange, ainsi qu’en une fresque,

Qui font plus brun ton corps gras et fin de mauresque,
Qui fait plus blanc ton linge et ses neiges d’almée,
Ton front, tes yeux, ton nez et ta lèvre pâmée
Toute rouge, et tes cils de femme barbaresque !

Te peindre en ton divan et tenant ton chibouk,
Parmi tes tapis turcs, près du profil de bouc
De ton esclave aux yeux voluptueux, et qui,

Chargé de t’acheter le musc et le santal,
Met sur un meuble bas ta carafe en cristal
Où se trouble le flot brumeux de l’araki.

Sonnet – Musulmanes

À Camille de Sainte-Croix.

Vous cachez vos cheveux, la toison impudique,
Vous cachez vos sourcils, ces moustaches des yeux,
Et vous cachez vos yeux, ces globes soucieux,
Miroirs plein d’ombre où reste une image sadique ;

L’oreille ourlée ainsi qu’un gouffre, la mimique
Des lèvres, leur blessure écarlate, les creux
De la joue, et la langue au bout rose et joyeux,
Vous les cachez, et vous cachez le nez unique !

Votre voile vous garde ainsi qu’une maison
Et la maison vous garde ainsi qu’une prison ;
Je vous comprends : l’Amour aime une immense scène.

Frère, n’est-ce pas là la femme que tu veux :
Complètement pudique, absolument obscène,
Des racines des pieds aux pointes des cheveux ?

Muses, Souvenez-vous

Muses, souvenez-vous du guerrier,— de l’ancien

Qui ne fut général ni polytechnicien,

Mais qui charma dix ans les mânes du grand Hômme !

Cet invalide était la gaîté de son dôme.

Mon coeur est plein du bruit de sa jambe de bois.

Pauvre vieux ! j’ai rêvé de vous plus d’une fois,

La nuit, quand passe au ciel, avec ses gros yeux vides,

La lune au nez d’argent, astre des invalides,

Ou que le vent se meurt, comme un chant du départ

Et j’ai fait encadrer le mot de faire-part.

Sonnet – Set Ohaëdat

Je vous fus présenté Madame, dans la salle
De marbre frais et sombre où vous passiez les jours
Au bruit de ces jets d’eau monotones des cours
Damasquinés ; l’or blanc cerclait votre bras pâle.

Assise à terre, à la manière orientale,
Vous écoutiez ceux qui distillent les discours
Des les narghilés d’argent aux tons d’opale
Que la Paresse fume à coups distraits et courts.

Des fleurs couraient parmi vos étoffes de soie ;
Vos yeux éclairaient l’ombre où votre front se noie ;
Votre pied nu brillait ; votre accent étranger

Eclatait dans ma tête en notes délicates ;
Je vois toujours vos dents blanches, fines et plates
Quand votre lèvre, mouche en rumeur, fit :  » Franger ? « 

Musulmanes

À Camille de Sainte-Croix.
Vous cachez vos cheveux, la toison impudique,

Vous cachez vos sourcils, ces moustaches des yeux,

Et vous cachez vos yeux, ces globes soucieux,

Miroirs plein d’ombre où reste une image sadique ;
L’oreille ourlée ainsi qu’un gouffre, la mimique

Des lèvres, leur blessure écarlate, les creux

De la joue, et la langue au bout rose et joyeux,

Vous les cachez, et vous cachez le nez unique !
Votre voile vous garde ainsi qu’une maison

Et la maison vous garde ainsi qu’une prison ;

Je vous comprends : l’Amour aime une immense scène.
Frère, n’est-ce pas là la femme que tu veux :

Complètement pudique, absolument obscène,

Des racines des pieds aux pointes des cheveux ?