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Auteur : Jean Aicard

Lumière

La lumière, ce fleuve insondable qu’envoie Le soleil, vaste source, aux mondes, vastes mers, Prodigue largement la Vie à l’univers, Et dans le cœur de tous fait ruisseler la joie ! Quel bonheur d’admirer l’air libre qui reluit, Quand le soleil sublime et charmant nous regarde ! Et s’il pâlit…

Marseille

La ville c’est le port, où tout s’agite et crie, Où la voile gaîment revient se reployer ; Le quai, seuil de la mer et seuil de la patrie, Première marche, sûre et large, du foyer. Venez là, sur ce quai : là, vous verrez Marseille ; On respire l’odeur…

Mignon

 » Connais-tu le pays où fleurit l’oranger ?  » Ainsi chante Mignon sous un ciel étranger, Les yeux vers l’horizon immense. Elle voit en esprit ce que nomme son chant, Et quand le dernier mot se meurt, triste et touchant, La vierge aux grands yeux recommence. Je l’écoute chanter et…

Misère Et Soleil

Êtes-vous quelquefois, rêveur, passé devant Des baraques de bois qui craquaient à tout vent ? Il faisait froid et chaud. C’était quelque dimanche ; Un être maigre et laid sautait sur une planche ; Il riait. Il était revêtu d’un lambeau. Homme ou femme, il sautait. Beaucoup le trouvaient beau,…

Nice

Nice, trop petite naguère, S’agrandit, libre de tout mur, Ni port marchand, ni port de guerre, Toute blanche au bord de l’azur. Nice a pour orgueil d’être blanche Dès que luit le soleil levant ; Les vaisseaux vont à Villefranche Qui veulent s’abriter du vent. Son quai nouveau n’est que…

Nuits D’été

La nuit vient d’effacer les formes sur la terre ; Mon cœur, plein de cette ombre où flotte le mystère, Soupire, tout chargé de tristesse et d’espoir ; D’où vient ce triste espoir, nuits d’été, qu’en silence Sous le ciel constellé le vent du sud balance, Et que le jour…

Promenade

Nous qui croyons souffrir, songeons à la souffrance De ceux qui vivent seuls, sans même une espérance, Et qui mourront tout seuls ; Regardons les méchants et ceux de qui la vie N’a d’autre but que d’être à jamais asservie Aux choses dont la mort fait les vers des linceuls…

Retour Par Mer

On carguait lentement les lourdes voiles rondes Qui poussaient le vaisseau sous les vents réguliers, Et l’Occident brisait ses flèches moribondes Sur leurs rondeurs s’offrant comme des boucliers. Derrière nous l’effroi de l’infini, le large. La houle nous faisait un lent et doux roulis ; Nos dix vergues en croix…

Samson

Tu dors content, Voltaire, et de ton fin sourire L’ironique reflet parmi nous est resté ; Le siècle t’a compris ; la jeunesse t’admire : Toi, tu sommeilles, calme, et dans ta majesté. L’édifice pesant que tu voulais détruire, Debout, menace encor l’aveugle Humanité, Et, radieux défi, l’éclair de ta…

Sauts Périlleux

C’était un saltimbanque leste ! Sa vie était un carnaval ; Son costume d’un bleu céleste Scintillait d’astres en métal. Il avait le poing sur la hanche. Sa Colombine, verte et blanche, L’admirait d’un air orgueilleux ; Mais sa paupière était baissée, Et l’on eût dit qu’une pensée Germait en…

Solidarité

J’ai ceint mes reins, j’ai pris le bâton voyageur, Car mon âme souvent n’est qu’une plaie ouverte ! Et je vais, demandant sans trêve un air meilleur, En tous lieux où l’on trouve une route déserte. Or, hier, j’ai gravi l’escarpement d’un mont : J’escaladais les pics par des sentiers…

Solus Eris

Tout est fini : la nuit surgit, le malheur règne. Le toit s’est écroulé sur l’hôte confiant, Et près du moribond immobile et qui saigne On passe, le regard distrait ou souriant. Ainsi ceux qui l’ont vu jadis en sa jeunesse Donner son temps à tous, et son âme et…