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Auteur : Joseph Autran

Nuit De Mai

Au couchant lumineux quand le jour se replie, Qu’une planète au ciel déjà peut s’entrevoir, Il fait bon, couple errant sur une onde assouplie, De respirer à deux l’air embaumé du soir, De saluer là-haut ces premières étoiles Dont le rayon lointain nous invite à rêver : Matelot ! Matelot…

Prélude

Nous sommes les vagues profondes Où les yeux plongent vainement ; Nous sommes les flots et les ondes Qui déroulent autour des mondes Leur manteau d’azur écumant ! Une âme immense en nous respire, Elle soulève notre sein. Sous l’aquilon, sous le zéphyr, Nous sommes la plus vaste lyre Qui…

Promenade

Vous qu’à mon côté ma barque balance, Regardez là-haut ce firmament bleu, Magnifique espace où l’âme s’élance Et monte en chantant jusqu’aux pieds de Dieu ! Vous qu’à mon côté berce ma nacelle, Regardez au loin l’Océan d’azur, Bassin dont l’eau vive au jour étincelle, Grand comme le ciel et…

Pulchra Nimis

Dans la rade où se joue une brise odorante, Aujourd’hui je voguais, au retour de Sorrente. Je rapportais à Naples un radieux butin, Un beau thyrse de fleurs écloses du matin, Merveilles de ces bords, telles qu’à sa Madone, Le premier jour de mai, Sorrente seule en donne. La pervenche…

Renaissance

Hier, la nue encore avait de sombres teintes, La plaine était dans l’ombre et les cimes éteintes ; Et la forêt qui dort, mélancolique à voir, Découpait sur le ciel son réseau dur et noir. Tout dormait : toits de chaume, éclairés d’un jour blême, Étangs, bergers, troupeaux ; et…

Rencontre

Il est aux bords déserts du canal Mozambique Une lisière étroite aux pentes du rocher, Un rivage sans nom, d’aspect morne et tragique, Dont les vaisseaux en mer n’osent pas approcher. Comme un rideau tendu la montagne l’ombrage ; Jusqu’au niveau de l’onde, abrupte elle descend. Qui s’égare par-là trouve…

Scherzo

J’ai cueilli le lis, J’ai cueilli la rose ; Je les ai cueillis, Et je les dépose A vos pieds de rose, A vos pieds de lis ! Des fleurs de la lande J’ai fait mon butin ; J’ai fait ma guirlande Des fleurs du matin. J’offre mon butin, Que…

Selkirk

A Bristol, sur le quai, le nom de Lion rouge Désigne un lieu connu de tous les gens de mer : Taverne du nommé Walkins, honnête bouge, Où l’aie est sans pareille et ne coûte pas cher. Cent marins attablés trinquent dans un nuage ; On a peine à s’entendre,…

Tempête

Tout regard se perd, tant la brume est noire ; Il ne fut jamais plus aveugle nuit : Au sein du néant je pourrais me croire, Si je n’entendais un immense bruit. Cette voix, ô mer ! C’est ta voix qui tonne Sur l’écueil voisin chargé de galets, Tandis que…

Veillée Nuptiale

Le vallon fait silence : un vent agite à peine La feuille qui parfois tremble et s’éveille encore. Le bruit seul des ruisseaux s’élève de la plaine, Et, là-haut, dans les airs pleins de leur fraîche haleine, Les étoiles au ciel s’ouvrent, paupières d’or ! L’humble ferme, séjour de l’agreste…

Vers La Saint-jean

Nous touchons à juillet, premier des mois brûlants, Et la journée enfin se retire à pas lents. Après l’ardent soleil, qui là-bas traîne encore, Vient la nuit, cette nuit, faite à moitié d’aurore, Qui dans le vaste ciel, joyeux de son retour, D’une main sème l’ombre et de l’autre le…