Skip to content

Auteur : Marie Krysinska

Nature Morte

A Louis Forain. Un boudoir cossu : Les meubles, les tentures et les oeuvres d’art, ont la banalité requise. Et la lampe soleil à gage éclaire les deux amants. Elle est teinte en blonde, car Il n’aime que les blondes. Lui, a les cheveux de la même nuance que son…

Les Danses Valse

Ah! pourquoi de vos yeux Tant appeler mes yeux, Et pourquoi d’une folle étreinte me dire Que tout est puéril Hors élan de nos cœurs Éperdus l’un vers l’autre. Ces lampes claires et ces girandoles Dévoileraient mon trouble sans doute, Si je laissais vos yeux Tant parler à mes yeux.…

Les Fenêtres

A François Coppée. Le long des boulevards et le long des rues elles étoilent les maisons; À l’heure grise du matin, repliant leurs deux ailes en persiennes, elles abritent les exquises paresses et emmitouflent de ténèbres le Rêve frileux. Mais le soleil les fait épanouir comme des fleurs, avec leurs…

Magdeleine

A Arsène Houssaye. L’air est plus opprimant par ce soir d’orage Dans le creux de roche où Magdelaine pleure – Et des pierres émane une odeur de tristesse. Loin sont les jours Où sa victorieuse beauté Lui était Comme une couronne Et l’éclat astral de ses yeux Comme une gloire…

Marie

A Catulle Mendès. La jeune fille nazaréenne amoureusement rêve Elle rêve aux exploits sans pareils De l’admirable Jéhovah. C’est lui dit-elle dans son cœur tremblant – Qui exhaussa Par la seule force de son Verbe Les murailles d’azur qui supportent son ciel. C’est lui qui enchaîna la mer farouche La…

Métempsycose

A Georges Lorin. Longtemps après que toute vie Sur la terre veuve aura cessé, Les tristes ombres des humains, Les âmes plaintives des humains, Reviendront visiter La terre veuve Où toute vie aura cessé. Elles quitteront les corps nouveaux Que la tyrannique droite de Dieu Aura assigné à leur destinée…

Midi I Midi

À Georges d’Esparbés. Le firmament luit comme un cimeterre Et les routes sont pâles comme des mortes. Les Vents allègres paladins – Sont partis devers Les mers ; Montés sur les éthéréens chevaux Au fier galop de leurs sonnants sabots Ils sont partis devers Les mers. Une paix maléfique plane…

Midi Ii Les Rocs

A Jules Guérin. Vous êtes pareils aux cœurs fiers en détresse O rocs! dressés au bords de cette mer implacable et tendre. Bleue, comme l’oeil bleu des enfants: tendre et implacable. Quelles Résignations longues Ont creusé le calme de vos grottes? – Où dorment les pleurs stagnants dans les citernes.…

Midi Iii Horizons

A Alfred Rambaud Les âpres mâchoires des rochers Ont dévoré le déclinant soleil Et la peau aux lourdes rides – La rude peau des monstres accroupis – S’éclabousse du sang rose Que répandit le déclinant soleil. C’est l’Heure épanouie comme une large Fleur Où le ciel attristé semble prendre en…

Naissance D’aphrodite

A Théodore de Banville Les plaines, les sombres plaines de la Mer Frissonnent opprimées par le courroux des cieux Mélancoliques jusqu’à la mort Et déchirés des glaives brillants de l’éclair; Les Vents sifflent ainsi que des serpents blessés; Le Flot révolté, le Flot hurlant et sanglotant Se débat, mordu d’antiques…

Les Danses Menuet

A N. Lebeau. La soie fleurie Des longs corsages Palpite d’amour libertine et discrète. Les galants paniers Où éclosent Des roses Brodées Se bercent au rythme lent et mesuré Du menuet. Et près de l’oreille: vivant rocaille Le précieux éventail. Bat de l’aile comme un oiseau Mourant. Car le bien-aimé,…

Paradoxe

A François de Nion. Errer parmi l’extravagant azur des Fictions, Aimer les Fleurs aux dangereux parfums, Croire à tous les sourires, Pieusement s’agenouiller devant tous les Dieux, Aux rayonnants diadèmes. Errer parmi l’extravagant azur des Fictions, C’est peut-être là vraiment la Sagesse. * * Altièrement passer dans la vie Ignorant…

Pleine Mer

A Théo Poilpot. Du fond des caveaux de tristesse – Que surplombe l’Irrémédiable ainsi qu’une voûte, – Du fond des caveaux de tristesse – Où vous êtes, de deuil vêtue Et toute Pleurante descendue – Mon âme! Souvenez-vous de ce retour enivré, Dans les larges floraisons de clarté, Et dans…

Roman Dans La Lune

A Edmond Haraucourt. C’était un poète tourmenté d’un mal étrange Il vécut sans désirs sans ambitions Sans jalousie et sans joies; Ignorant les larmes plus douces que le miel Et les mortels baisers. Car, un soir d’extase, il avait aperçu dans la Lune Celle qu’il devait aimer d’un amour unique…

Ronde De Printemps

Dans le Parc, dans le Parc les glycines frissonnent, Etirant leurs frêles bras Ainsi que de jeunes filles Qui se réveillent d’un court sommeil Après la nuit dansée au bal, Les boucles de leurs cheveux Tout en papillotes Pour de prochaines fêtes Dans le Parc. Dans les Prés, dans les…