Les Soupirs D’une Âme Exilée

Ô polkas ! Je devins son esclave ordinaire
Un soir de ‘ sauterie ‘. ‘ Amo, disje, ergo sum ! ‘
Depuis lors, en l’honneur de cette pensionnaire,
Tu fus fleuri de vers, GradusadParnassum !

Une étoile daignait sourire au ver de terre !…
Deux nattes frétillaient, châtaines, sur son dos.
Un bonbon, une fleur, donnés avec mystère,
Étaient pour nos coeurs neufs les plus tendres cadeaux.

Tandis qu’elle écorchait, avec foi, les sonates
De quelque malheureux pianiste européen,
Je baisais du regard ses lèvres incarnates ;

Et, parfois me baissant, bonheur élyséen !
J’effleurais le ruban pommadé de ses nattes
De ma bouche d’imberbe et maigre lycéen.

Paraphrase Sur Le Cantique Des Trois Enfants

Un hymne harmonieux sort des feuilles du tremble ;
Les voyageurs craintifs, qui vont la nuit ensemble,
Haussent la voix dans l’ombre où l’on doit se hâter.
Laissez tout ce qui tremble
Chanter.

Les marins fatigués sommeillent sur le gouffre.
La mer bleue où Vésuve épand ses flots de soufre
Se tait dès qu’il s’éteint, et cesse de gémir.
Laissez tout ce qui souffre
Dormir.

Quand la vie est mauvaise, on la rêve meilleure.
Les yeux en pleurs au ciel se lèvent à toute heure ;
L’espoir vers Dieu se tourne et Dieu l’entend crier.
Laissez tout ce qui pleure
Prier.

C’est pour renaître ailleurs qu’icibas on succombe.
Tout ce qui tourbillonne appartient à la tombe.
Il faut dans le grand tout tôt ou tard s’absorber.
Laissez tout ce qui tombe
Tomber !