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Auteur : Nérée Beauchemin

Roses D’automne

Aux branches que l’air rouille et que le gel mordore, Comme par un prodige inouï du soleil, Avec plus de langueur et plus de charme encore, Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil. Dans sa corbeille d’or, août cueillit les dernières : Les pétales de pourpre ont jonché le…

Les Clochettes

Le carillon multicolore Des clochettes au timbre clair Tinte, étincelle, tinte encore Et tintinnabule dans l’air. C’est plaisir, quand la neige crie, D’ouïr, mêlée au bruit banal Du vent, l’allègre sonnerie Du joyeux solstice hivernal. Aux heures de la promenade, Sur les places, de trois à cinq, De l’esplanade à…

Les Corbeaux

Les noirs corbeaux au noir plumage, Que chassa le vent automnal, Revenus de leur long voyage, Croassent dans le ciel vernal. Les taillis, les buissons moroses Attendent leurs joyeux oiseaux : Mais, au lieu des gais virtuoses, Arrivent premiers les corbeaux. Pour charmer le bois qui s’ennuie, Ces dilettantes sans…

L’hirondelle Pieuse

Un soir, je vis une hirondelle Descendre du haut du ciel bleu Et s’élancer à tire d’aile Sous les absides du saint lieu. Et depuis, dans les vapeurs blanches De l’encens, à vol doux, léger, On voit, par l’église, aux dimanches, Le pieux oiseau voltiger. Au plein air, à la…

L’idylle Dorée

Au vent joyeux de la bonne nouvelle L’étable s’ouvre ; et sa merveille est telle Que les naïfs bergers en sont troublés. Illuminant la crèche sombre encore, L’Enfant paraît en un orbe d’aurore, Plus blond que l’or des méteils et des blés. Tout reluit sous l’humble chaume en ruine ;…

Lumière

Perdu dans les brouillards du sophisme et du doute, Le monde, dans un noir tournoîment emporté, S’effarait, quand soudain retentit sur la route La voix de l’immanente infaillibilité. Et l’on vit, aveuglant les fils de Zoroastre, Perçant l’ombre où la haine occulte écume encor, Brillante des clartés que verse un…

Ma France

Français je suis, je m’en vante, Et très haut, très clair, très fort, Je le redis et le chante. Oui, je suis Français d’abord. Mais, n’ayez soupçon ni doute, Pour le loyal que je suis, La France, où mon âme est toute, Ma France, c’est mon pays. Ma France, l’intime…

Ma Lointaine Aïeule

Par un temps de demoiselle, Sur la frêle caravelle, Mon aïeule maternelle, Pour l’autre côté de l’Eau, Prit la mer à Saint-Malo. Son chapelet dans sa poche, Quelques sous dans la sacoche, Elle arrivait, par le coche, Sans parure et sans bijou, D’un petit bourg de l’Anjou. Devant l’autel de…

Mirages

Dans le repli d’une anse fraîche Où tremble le moelleux reflet D’un clair ciel rose et violet, Sommeille le bateau de pêche. Sur l’eau qui s’est agatisée, Dès le jour, encore endormi, Un vent léger souffle à demi Par brève et rythmique risée. Mais la vague au large moutonne. Et…

Missive

À M. et Mme Louis Fréchette. Le poète, À la grâce comme au talent, Souhaite Un long cycle de jours de l’an. Le ciel veuille Que nul âpre souffle inhumain N’effeuille Les fleurs qui sèment leur chemin. Que la lyre Toujours unisse au clair accord Du rire Le rythme des…

Notre Terre

Terre, dont les âpres rivages Et les promontoires géants Refoulent les vagues sauvages Que soulèvent deux océans ; Terre qui, chaque avril, émerges, Toute radieuse, à travers La cendre de tes forêts vierges Et la neige de tes hivers ; Terre richement variée De verdure et de floraisons, Que le…

Patrie Intime

Je veux vivre seul avec toi Les jours de la vie âpre et douce, Dans l’assurance de la Foi, Jusqu’à la suprême secousse. Je me suis fait une raison De me plier à la mesure Du petit cercle d’horizon Qu’un coin de ciel natal azure. Mon rêve n’ai jamais quitté…

Primeroses

Ces délicieuses fleurs roses, Grandes ouvertes ou mi-closes, Me soufflent de tant douces choses Et fleurent si frais et si doux, Que, bien sûr, et corolle et tige, Recèlent par quelque prodige, Quelque chose qui vient de vous. Troublant et capiteux arôme ! Mon cœur, comme l’air s’en embaume, Et,…

Québec

Comme un factionnaire immobile au port d’arme, Dans ces murs où l’on croit ouïr se prolonger Le grave écho lointain d’un qui vive d’alarme, À ses gloires Québec semble encore songer. L’humble paix pastorale a replié son aile Sur l’âpre terre où gît le sombre camp des morts : Du…

La Muse

Bluet aux regards d’améthyste, Bluet aux yeux de ciel, dis-nous Ce qui te fait être si triste ? – J’ai vu ses yeux, j’en suis jaloux. Et toi, simple églantine rose, Payse aux lèvres de carmin, Pourquoi sembles-tu si morose ? – Je suis jalouse de son teint. Toi, beau…