Avoir Peu De Parents, Moins De Train Que De Rente

Je suis triste, ma reine,
Que mon coeur, mon coeur a de peine,
Je suis triste, ma reine,
D’être si loin de vous.

Je vous ai vue à peine,
Que mon coeur, mon coeur a de peine,
Je vous ai vue à peine
Près du FosséauxLoups.

Mon âme est pleine, pleine,
Que mon coeur, mon coeur a de peine,
Mon âme est pleine, pleine
De vers aux rimes d’or.

Je veille, Hélène, Hélène
Que mon coeur, mon coeur a de peine,
Je veille, Hélène, Hélène,
C’est le lecteur qui dort.

La chose est souveraine,
Que mon coeur, mon coeur a de peine,
La chose est souveraine
Et ça ne coûte rien.

Dors tranquille et sereine,
Que mon coeur, mon coeur a de peine,
Dors tranquille et sereine,
Dors mon enfant, c’est pour ton bien.

Esprit, Dès Le Berceau Dans Le Ciel Emporté

Je naquis au bord d’une mer dont la couleur passe
En douceur le saphir oriental. Des lys
Y poussent dans le sable, ah, n’estce ta face
Triste, les pâles lys de la mer natale ;
N’estce ton corps délié, la tige allongée
Des lys de la mer natale !

Ô amour, tu n’eusses souffert qu’un désir joyeux
Nous gouvernât; ah, n’estce tes yeux,
Le tremblement de la mer natale !

Les Sanglots Embrasés Qu’à Tout Moment Il Tire

DEUXIEME PROMENADE

La mer donne l’écume et la terre le sable.
L’or se mêle à l’argent dans les plis du flot vert.
J’entends le bruit que fait l’éther infranchissable,
Bruit immense et lointain, de silence couvert.

Un enfant chante auprès de la mer qui murmure.
Rien n’est grand, ni petit. Vous avez mis, mon Dieu,
Sur la création et sur la créature
Les mêmes astres d’or et le même ciel bleu.

Notre sort est chétif ; nos visions sont belles.
L’esprit saisit le corps et l’enlève au grand jour.
L’homme est un point qui vole avec deux grandes ailes,
Dont l’une est la pensée et dont l’autre est l’amour.

Sérénité de tout ! majesté ! force et grâce !
La voile rentre au port et les oiseaux aux nids.
Tout va se reposer, et j’entends dans l’espace
Palpiter vaguement des baisers infinis.

Le vent courbe les joncs sur le rocher superbe,
Et de l’enfant qui chante il emporte la voix.
O vent ! que vous courbez à la fois de brins d’herbe !
Et que vous emportez de chansons à la fois !

Qu’importe ! Ici tout berce, et rassure, et caresse.
Plus d’ombre dans le coeur ! plus de soucis amers !
Une ineffable paix monte et descend sans cesse
Du bleu profond de l’âme au bleu profond des mers.