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Auteur : Odilon-Jean Périer

Mon Pays

La Ville est dans ma chambre Ce fauteuil est un port. Avez-vous vu mes lampes Mes mâts et mes bateaux ? Le tabac et les vagues Chantantes du ciel noir, Le jeu, le bruit des algues Aux vitres, mes miroirs, Tout m’y plaît, m’y agrée : J’y respire un bon…

La Victoire

L’oeil terrible d’un dieu s’est ouvert à mon front : Que je vois bien la vie au fond de ma blessure ! Et comme un loup marqué de honteuses morsures, Je porte, clair regard, le faix de tes rayons. – J’ai cherché ma patrie avec sincérité Dans ses villes, son…

Le Sage Humilié

J’ai abîmé l’enfant de votre coeur (Y fallait-il cette présence triste ?) Mais, évadé, sourire sans grandeur, Comment prouver que tout ce Monde existe ? – Et toi, mon corps, enfant que j’abandonne, Par tous tes sens tu montres des désirs ! – Et toi, Sagesse, un poète s’étonne Que…

Le Voyageur Prévoyant

Ma ville a des chemins serrés comme des herbes S’écoulant le long d’elle et recouvrant son corps. Tous également purs, également superbes, Ces fleuves bigarrés n’ont pas besoin de ports. Chaque jour, je le crois, contient une marée Qui grandit et m’enlève, ô lampe, à vos lueurs. Les routes que…

Manque D’illusions

I Muse, rappelle-toi l’enfant aux genoux maigres que nous vîmes, gonflés de rancune et d’amour, prendre nonchalamment le chemin du retour sous mille arbres blessés de ses rires allègres ; sans trop y réfléchir aux gloires de ce corps le souvenir ajoute une Raison sereine – et pourtant nous l’avions…

Mon Amie

La pluie fait une ville Difficile à aimer Point du jour Point du soir Et pointe du plaisir. Des goûts et des couleurs Plus vives que jamais Ainsi la pluie me parle Au coeur Ô patrie légère Ô maison de fil Mes amis, mes frères Vous connaissent-ils ? Ils parlent…

Mon Corps

Corps violent, redoutable, honteux, Corps de poète habitué aux larmes, Qui te secoue ainsi, qui te désarme ? (Bruxelles dort orné de mille feux) Dans le pays de la bonne souffrance (Rappelle-toi cette maison des champs) Archange infirme ivre de ton silence, N’attendais-tu qu’un amour plus pressant ? On connaît…

La Cène

Tu ne t’es plus, Seigneur, assis à cette table. Aussi impatient de passer que le sable, parce que je suis seul je parle du bonheur. Ayant mangé ces fruits, je goûte la liqueur. Ma récompense fut la grandeur de l’attente. L’orage peut noyer les routes éclatantes : admirable tu vins…

Mort D’un Dieu

On meurt dans la pluie. La Douleur du Nord Aime ce décor En saisons pourries. Pégase y est mort Une nuit de pluie. Pourquoi, Poésie, Ce cri vers le Nord ? Les ailes cassées Dans des cheminées Saigne l’ange lourd : Ô ville épuisée Qui t’es couronnée Du corps de…

Petit Jour

Entre deux heures du matin et le temps où le coeur bat moins vite, le jeune homme se perd, s’exalte, et son amour est sur le monde comme une chose dangereuse. Ainsi le nageur qui dévoile une âme paisible et profonde en se livrant aux vagues creuses. Ainsi le jeune…