Rencontre De Deux Sourires

Dans le royaume des coiffeurs, les heureux ne perdent pas tout leur temps à être mariés. Au-delà de la coquetterie des guéridons, les pattes des canards abrègent les cris d’appel des dames blanches. Dans la manche du violon, vous trouverez les cris des grillons. Dans la manche du manchot, vous trouverez le philtre pour se faire tuer. Vous serez étonnés de retrouver la splendeur de vos miroirs dans les ongles des aigles. Regardez ces petits serpents canonisés qui, à la veille de leur premier bal, lancent du sperme avec leurs seins. La richesse a tellement troublé leurs ambitions qu’ils posent des énigmes éternelles aux antiquaires qui passent. Écoutez les soupirs de ces femmes coiffées en papillon.

Ta Foi

Suis-je autre chose que ta force ?

Ta force dans tes bras,

Ta tête dans tes bras,

Ta force dans le ciel décomposé,

Ta tête lamentable,

Ta tête que je porte.

Tu ne joueras plus avec moi,

Héroïne perdue,

Ma force bouge dans tes bras.

Ronde

Sous un soleil ressort du paysage

Une femme s’emballe

Frise son ombre avec ses jambes

Et d’elle seule espère les espoirs les plus mystérieux.
Je la trouve sans soupçons sans aucun doute amoureuse

Au lieu des chemins assemblés

De la lumière en un point diminuée

Et des mouvements impossibles

La grande porte de la face

Aux plans discutés adoptés

Aux émotions de pensée

Le voyage déguisé et l’arrivée de réconciliation
La grande porte de la face

La vue des pierres précieuses

Le jeu du plus faible en plus fort.

Un Loup (1)

La bonne neige le ciel noir

Les branches mortes la détresse

De la forêt pleine de pièges

Honte à la bête pourchassée

La fuite en flèche dans le cœur
Les traces d’une proie atroce

Hardi au loup et c’est toujours

Le plus beau loup et c’est toujours

Le dernier vivant que menace

La masse absolue de la mort.

Rondeau

Des ailes, des ailes, des ailes

Comme dans le chant de Ruckert.

Théophile Gautier.
Devant mourir, les roses sont plus belles

Et les oiseaux ont des chants bien plus vifs.

Les passions franchissent les récifs

Pour caresser les corps les plus rebelles.
Tout l’univers tient des propos lascifs

Et veut jouir des choses éternelles,

Devant mourir.
Moi je voudrais, un temps, avoir des ailes,

Mettre en mes vers tous mes pensers rétifs,

Saisir, fixer des rythmes fugitifs,

Mais je suis las et fais des ritournelles

Devant mourir.

Un Loup (2)

Le jour m’étonne et la nuit me fait peur

L’été me hante et l’hiver me poursuit
Un animal sur la neige a posé

Ses pattes sur le sable ou dans la boue

Ses pattes venues de plus loin que mes pas

Sur une piste où la mort

A les empreintes de la vie.

Rondeau De La Suffisance

Des vers d’amour, j’en ai rarement fait.

Je ne sais pas murmurer :  » Je t’adore  »

En rythmes doux, qu’inspiré, l’on décore

Des mots subtils, par lesquels est parfait

Le très cher lien, qui toujours, veut éclore.
Je crois qu’un jour, Daudet vit le préfet,

Dans un grand bois, consommer le forfait

De mal rimer — je dis ce qu’on ignore —

Des vers d’amour.
Je produirais sûrement mon effet

Si j’en faisais, mais je suis satisfait

De mes succès de brillant matamore

Quand je serai le vieux beau qu’on honore,

J’ouvrerai pour un minois stupéfait

Des vers d’amour.