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Auteur : Paul-Jean Toulet

Vêtue À L’envi D’un Beau Soir

Vêtue à l’envi d’un beau soir D’une liquette d’écarlate Et d’un seul bas noir, délicate À voir, Telles, divin marquis, les seules Couleurs peignant à ton désir La mort de sable, et du plaisir Les gueules.

Pour Une Dame Imaginaire

Pour une dame imaginaire Aux yeux couleur du temps, J’ai rimé longtemps, bien longtemps : J’en étais poitrinaire. Quand vint un jour où, tout à coup, Nous rimâmes ensemble. Rien que d’y penser, il me semble Que j’ai la corde au cou.

Plus Oultre

Au mois d’aimer, au mois de Mai, Quand Zo’ va cherchant sous les branches Le bien-aimé, Son jupon, tendu sur les hanches ; Me fait songer à l’aile blanche Du voilier Mers qui battez au pied des mornes Et dont un double Pilier. Dressa les bornes.

Pâle Matin De Février

Pâle matin de Février Couleur de tourterelle Viens, apaise notre querelle, Je suis las de crier ; Las d’avoir fait saigner pour elle Plus d’un noir encrier Pâle matin de Février Couleur de tourterelle.

Ô Poète, À Quoi Bon Chercher

Ô poète, à quoi bon chercher Des mots pour son délire ? Il n’y a qu’au bois de ta lyre Que tu l’as su toucher. Plus haut que toi, dans sa morphine, Chante un noir séraphin. Ma nourrice disait qu’Enfin Est le mari d’Enfine.