J’ai Longtemps Voyagé, Courant Toujours Fortune

Baigne mes pieds du cristal de tes ondes,
O ma fontaine ! et sur ton frais miroir,
Laisse tomber mes longues tresses blondes
Flottant au gré de la brise du soir !

Nymphe des bois, sur ton bassin penchée,
J’aime à rêver à l’ombre des roseaux,
Quand une feuille à sa tige arrachée,
Ride en tombant la nappe de tes eaux.

J’aime à plonger ma taille gracieuse
Dans tes flots noirs chantant sous les glaïeuls,
Quand de la nuit l’ombre silencieuse
Etend son aile audessus des tilleuls.

Oh ! j’aime à voir tes vagues miroitantes
Multiplier les flambeaux de la nuit !
Oh ! j’aime à voir, sous tes algues flottantes,
Le voile bleu d’une ondine qui fuit !

Tombe toujours en cascade légère !
Roule toujours en bouillons écumeux !
Baise en passant les touffes de fougère
Et porte au loin tes flots harmonieux.

Pour t’écouter, la nuit calme et sereine
Semble endormir les derniers bruits du jour…
Coule toujours, enivrante fontaine !
Coule toujours, fontaine, mon amour !

Je Crois Que Tout Mon Lit De Chardons Est Semé

Ses rires grands ouverts qui si crânement mordent
Sur le fond taciturne et murmurant des prés,
Sont métalliques, frais, liquides, susurrés,
Aux pépiements d’oiseaux ressemblent et s’accordent.

Excités par la danse, ils se gonflent, débordent
En cascades de cris tumultueux, serrés,
De hoquets glougloutants, fous et démesurés,
Qui la virent, la plient, la soulèvent, la tordent.

On la surnomme la Rieuse.
La santé la fait si joyeuse
Qu’elle vit sa pensée en ses beaux yeux ardents ;

Son âme chante tout entière
Dans sa musique coutumière,
Sur le robuste émail de ses trentedeux dents. […]

Je L’aimais Par Dessein La Connaissant Volage

La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l’entour de leurs marbres,
Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s’égoutter les neiges de l’hiver
Et le siècle couler, sans qu’amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.

Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir,
Calme, dans le fauteuil, je la voyais s’asseoir,
Si, par une nuit bleue et froide de décembre,
Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre,
Grave, et venant du fond de son lit éternel
Couver l’enfant grandi de son oeil maternel,
Que pourraisje répondre à cette âme pieuse,
Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse ?

Je Ne Refuse Point Qu’en Si Belle Jeunesse

À Monsieur de Termes

Ode

Enfin, Termes, les ombrages
Reverdissent dans les bois,
L’hiver et tous ses orages
Sont en prison pour neuf mois ;
Enfin la neige et la glace
Font à la verdure place,
Enfin le beau temps reluit,
Et Philomèle, assurée
De la fureur de Térée,
Chante aux forêts jour et nuit.

Déjà les fleurs qui bourgeonnent
Rajeunissent les vergers,
Tous les échos ne résonnent
Que de chansons de bergers,
Les jeux, les ris, et la danse
Sont partout en abondance,
Les délices ont leur tour,
La tristesse se retire,
Et personne ne soupire
S’il ne soupire d’amour.

Les moissons dorent les plaines,
Le ciel est tout de saphirs,
Le murmure des fontaines
S’accorde au bruit des zéphirs,
Les foudres et les tempêtes
Ne grondent plus sur nos têtes,
Ni des vents séditieux
Les insolentes colères
Ne poussent plus les galères
Des abîmes dans les cieux.

Ces belles fleurs que Nature
Dans les campagnes produit
Brillent parmi la verdure
Comme des astres la nuit :
L’Aurore, qui dans son âme
Brûle d’une douce flamme,
Laissant au lit endormi
Son vieux mari, froid et pâle,
Désormais est matinale
Pour aller voir son ami.

Termes, de qui le mérite
Ne se peut trop estimer,
La belle saison invite
Chacun au plaisir d’aimer
La jeunesse de l’année
Soudain se voit terminée,
Après le chaud véhément
Revient l’extrême froidure,
Et rien au monde ne dure
Qu’un éternel changement.

Leurs courses entresuivies
Vont comme un flux et reflux,
Mais le printemps de nos vies
Passe et ne retourne plus,
Tout le soin des Destinées
Est de guider nos journées
Pas à pas vers le tombeau,
Et sans respecter personne,
Le Temps de sa faux moissonne
Ce que l’homme a de plus beau.

Tes louanges immortelles
Ni tes aimables appas
Qui te font chérir des belles
Ne t’en garantiront pas :
Croismoi, tant que Dieu t’octroie
Cet âge comblé de joie
Qui s’enfuit de jour en jour,
Jouis du temps qu’il te donne,
Et ne crois pas en automne
Cueillir les fruits de l’amour.

Je Ressemble En Aimant Au Valeureux Persée

La voilà, pauvre mère, à Paris arrivée
Avec ses deux enfants, sa fidèle couvée !
Veuve, et chaste, et sévère, et toute au deuil pieux,
Elle les a, seize ans, élevés sous ses yeux
En province, en sa ville immense et solitaire,
Déserte à voir, muette autant qu’un monastère,
Où croît l’herbe au pavé, la triste fleur au mur,
Au coeur le souvenir long, sérieux et sûr.
Mais aujourd’hui qu’il faut que son fils se décide
A quelque état, jeune homme et docile et timide.
Elle n’a pas osé le laisser seul venir ;
Elle le veut encor sous son aile tenir ;
Elle veut le garder de toute impure atteinte,
Veiller en lui toujours l’image qu’elle a peinte
(Sainte image d’un père !), et les devoirs écrits
Et la pudeur puisée à des foyers chéris ;
Elle est venue. En vain chez sa fille innocente,
L’ennui s’émeut parfois d’une compagne absente,
Et l’habitude aimée agite son lien :
La mère, elle est sans plainte et ne regrette rien.
Mais si son fils, dehors qu’appelle quelque étude,
Est sorti trop longtemps pour son inquiétude,
Si le soir, auprès d’elle, il rentre un peu plus tard,
Sous sa question simple observez son regard !
Pauvre mère! elle est sûre, et pourtant sa voix tremble.
ô trésor de douleurs, de bonheurs tout ensemble !
Car, passé ce moment, et le calme remis,
Comme aux soirs de province, avec quelques amis
Retrouvés ici même, elle jouit d’entendre
(Cachant du doigt ses pleurs) sa fille, voix si tendre,
Légère, qui s’anime en éclat argenté,
Au piano, le seul meuble avec eux apporté.

L’âpre Fureur De Mon Mal Véhément

Plages vides, avec toujours les mêmes flots
Poussant les mêmes cris et les mêmes sanglots
De l’un à l’autre bout des rivages de Flandre ;
Dunes d’oyats aigus, monts de sable et de cendre,
Pays hostile et dur et féroce souvent,
Pays de lutte et de ferveur, pays de vent,
Pays d’épreuve et d’angoisse, pays de rage,
Quand s’acharnent sur vous les tournoyants orages
Et leurs vagues d’hiver dressant toujours plus haut
Sous les brouillards leurs funèbres monuments d’eau,
Soyez remerciés d’être tels que vous êtes,
Tels que la mort, tels que la vie et ses tempêtes !
C’est grâce à vous qu’ils sont fermes et durs, les gars,
Qu’ils sont têtus dans le travail et dans la peine,
Qu’ils font, sans le savoir, belle, la race humaine
Qui marche à larges pas vers le péril hagard
Avec le seul désir de vaincre un destin morne.
C’est vous qui faites l’homme ardent, calme, hautain,
Entre le danger d’hier et celui de demain,
Quand le sombre équinoxe et ses ouragans cornent
C’est grâce à vous que les filles aiment dûment,
Malgré la crainte au coeur d’être trop tôt des veuves,
Ceux qui s’en vont, sans se plaindre, dans l’âpre épreuve,
Gagner le pain des jours, avec acharnement ;
Et que toutes, à l’heure où les rudes tendresses
Mêlent les chairs, au fond des chaumières, làbas,
Servent le franc repas d’amour aux hommes las
De la brume sournoise et des houles traîtresses.
Pays des vents de l’Ouest et des bises du Nord,
Souffles chargés de sel et pénétrés d’iode,
Vous imprégnez les corps rugueux de santé chaude
Et vous armez de père en fils les peuples forts,
Pour qu’ils marquent de leur vouloir autoritaire
Le coin triste mais doux que leur offrit la terre.
Et qu’importe, qu’au long des flots, la ville, un jour,
Ait bâti ses maisons, ses dômes et ses tours
Et ses palais pareils à des rêves de pierre.
Filles et gars de Flandre, oh ! seuls, vous resterez
D’accord avec l’embrun et les grands vents
Et la rauque marée et ses vagues guerrières
Vous êtes ceux du sol qu’on ne refoule pas,
La mer a mis en vous sa force et sa folie,
Vos yeux sont beaux et sa clarté froide et pâlie
Et son rythme puissant et lourd pèse en vos pas.

Même certains de vous, les plus hardiment braves,
Charrient encor le sang des aïeux scandinaves
Dans leurs gestes épars au loin, sur l’océan.
Ils conservent en eux l’ardeur de ces géants
Qui partaient vers la mort sur leurs vaisseaux en flammes,
Sans focs, sans matelots, sans boussole, sans rames,
Et se couchaient, à l’heure où le soir est vermeil,
Ivres, dans un tombeau de flots et de soleil.

D’une Fontaine

Haute beauté dans une humble pucelle,
Un beau parler plein de grave douceur,
Sous blondz cheveux un avantchenu cueur,
Un chaste sein ou la vertu se cele :

En corps mortel une grace immortelle,
En douceur fiere une douce rigueur,
Eu sage esprit une gaye vigueur,
En ame simple une sage cautele :

Et ces beaux yeux mouveurs de mes ennuis,
Yeux suffisants pour eclersir les nuitz,
Qui font sentir aux plus transis leur flame,

Sont les larrons (et point je ne m’en deux)
Qui, me guettans au passage amoureux,
Au depourveu me ravirent mon ame.

Las ! Que Me Sert De Voir Ces Belles Plaines

L’air était pur, la nuit régnait sans voiles ;
Elle riait du dépit de l’amour :
Il aime l’ombre, et le feu des étoiles,
En scintillant, formait un nouveau jour.

Tout s’y trompait. L’oiseau, dans le bocage,
Prenait minuit pour l’heure des concerts ;
Et les zéphyrs, surpris de ce ramage,
Plus mollement le portaient dans les airs.

Tandis qu’aux champs quelques jeunes abeilles
Volaient encore en tourbillons légers,
Le printemps en silence épanchait ses corbeilles
Et de ses doux présents embaumait nos vergers.

Ô ma mère ! On eût dit qu’une fête aux campagnes,
Dans cette belle nuit, se célébrait tout bas ;
On eût dit que de loin mes plus chères compagnes
Murmuraient des chansons pour attirer mes pas.

J’écoutais, j’entendais couler, parmi les roses,
Le ruisseau qui, baignant leurs couronnes écloses,
Oppose un voile humide aux brûlantes chaleurs ;
Et moi, cherchant le frais sur la mousse et les fleurs,

Je m’endormis. Ne grondez pas, ma mère !
Dans notre enclos qui pouvait pénétrer ?
Moutons et chiens, tout venait de rentrer.
Et j’avais vu Daphnis passer avec son père.

Au bruit de l’eau, je sentis le sommeil
Envelopper mon âme et mes yeux d’un nuage,
Et lentement s’évanouir l’image
Que je tremblais de revoir au réveil :

Je m’endormis. Mais l’image enhardie
Au bruit de l’eau se glissa dans mon coeur.
Le chant des bois, leur vague mélodie,
En la berçant, fait rêver la pudeur.

En vain pour m’éveiller mes compagnes chéries,
En me tendant leurs bras entrelacés,
Auraient fait de mon nom retentir les prairies ;
J’aurais dit : ‘ Non ! Je dors, je veux dormir ! Dansez ! ‘

Calme, les yeux fermés, je me sentais sourire ;
Des songes prêts à fuir je retenais l’essor ;
Mais las de voltiger, (ma mère, j’en soupire,)
Ils disparurent tous ; un seul me trouble encor,

Un seul. Je vis Daphnis franchissant la clairière ;
Son ombre s’approcha de mon sein palpitant :
C’était une ombre, et j’avais peur pourtant,
Mais le sommeil enchaînait ma paupière.

Doucement, doucement, il m’appela deux fois ;
J’allais crier, j’étais tremblante ;
Je sentis sur ma bouche une rose brûlante,
Et la frayeur m’ôta la voix.

Depuis ce temps, ne grondez pas, ma mère,
Daphnis, qui chaque soir passait avec son père,
Daphnis me suit partout pensif et curieux :
Ô ma mère ! Il a vu mon rêve dans mes yeux !

Durant Les Grand’s Chaleurs, J’ai Vu Cent Mille Fois

Helas, si tu me vois constant en inconstance
Et changer de propos et muer de visage,
Comme le flot d’amour me reculle ou m’avance ;

Helas, si tu me vois varier d’heure en heure,
De moment en moment entre raison et rage,
Sans qu’un rien en un point un mesme je demeure :

Tu dis que je te mets en doutte, ma Francine,
Par ce qui te devroit donner plus d’asseurance
Du feu chaud de l’amour, qui boust dans ma poitrine.

Las, tu vois bien assez ce qui me fait volage :
Et qui a vu la nef en certaine constance
Çà là ne chanceler au milieu d’un orage ?

Et du cruel amour tant de tempestes troublent
Mon esprit forcené, que la raison peu caute
Son timon abandonne aux flots, qui se redoublent.

Ainsi Francine, ainsi tout par tout variable
Sinon en ton amour à faire quelque faute,
Je me montre en ma foy fermement immuable.

Le Tens Leger S’enfuit Sans M’en Apercevoir

Ô doux plaisir plein de doux pensement,
Quand la douceur de la douce meslée,
Etreint et joint, l’ame en l’ame mellée,
Le corps au corps accouplé doucement.

Ô douce mort ! ô doux trepassement !
Mon ame alors de grand’joye troublée,
De moy dans toy s’ecoulant a l’emblée,
Puis haut, puis bas, quiert son ravissement.

Quand nous ardentz, Meline, d’amour forte,
Moy d’estre en toy, toy d’en toy tout me prendre,
Par celle part, qui dans toy entre plus,

Tu la reçoys, moy restant masse morte :
Puis vient ta bouche en ma bouche la rendre,
Me ranimant tous mes membres perclus.

Elle Pleurait, Toute Pâle De Crainte

Je t’adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,
Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,
Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,
Se divise et demeure entière
Ainsi que l’amour maternel !

Je te chante, et tu peux m’accepter pour ton prêtre,
Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu
Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,
L’humble vitre d’une fenêtre
Pour lancer ton dernier adieu !

Tu fais tourner les tournesols du presbytère,
Luire le frère d’or que j’ai sur le clocher,
Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,
Tu fais bouger des ronds par terre
Si beaux qu’on n’ose plus marcher !

Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes !
Sois béni parmi l’herbe et contre les portails !
Dans les yeux des lézards et sur l’aile des cygnes !
Ô toi qui fais les grandes lignes
Et qui fais les petits détails!

C’est toi qui, découpant la soeur jumelle et sombre
Qui se couche et s’allonge au pied de ce qui luit,
De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,
A chaque objet donnant une ombre
Souvent plus charmante que lui !

Je t’adore, Soleil ! Tu mets dans l’air des roses,
Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !
Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéoses !
Ô Soleil ! toi sans qui les choses
Ne seraient que ce qu’elles sont !

Ma Nef Passe Au Destroit D’une Mer Courroucée

Furieuse, les yeux caves et les seins roides,
Sappho, que la langueur de son désir irrite,
Comme une louve court le long des grèves froides,

Elle songe à Phaon, oublieuse du Rite,
Et, voyant à ce point ses larmes dédaignées,
Arrache ses cheveux immenses par poignées ;

Puis elle évoque, en des remords sans accalmies,
Ces temps où rayonnait, pure, la jeune gloire
De ses amours chantés en vers que la mémoire
De l’âme va redire aux vierges endormies :

Et voilà qu’elle abat ses paupières blêmies
Et saute dans la mer où l’appelle la Moire,
Tandis qu’au ciel éclate, incendiant l’eau noire,
La pâle Séléné qui venge les Amies.

Éloignant Vos Beautés, Je Vous Laisse En Ma Place

Ici de mille fards la traïson se déguise,
Ici mille forfaits pullulent à foison,
Ici ne se punit l’homicide ou poison,
Et la richesse ici par usure est acquise

Ici les grands maisons viennent de bâtardise,
Ici ne se croit rien sans humaine raison,
Ici la volupté est toujours de saison,
Et d’autant plus y plaît que moins elle est permise.

Pense le demeurant. Si estce toutefois
Qu’on garde encore ici quelque forme de lois,
Et n’en est point du tout la justice bannie.

Ici le grand seigneur n’achète l’action,
Et pour priver autrui de sa possession
N’arme son mauvais droit de force et tyrannie.

Marchands, Qui Recherchez Tout Le Rivage More

Si haut je veux louër Sylvie,
Que tout autre en meure d’envie :
Sa personne est pleine d’appas,
Les Amours naissent sous ses pas,
Et c’est par eux qu’elle est servie.

De cent vertus elle est suivie,
Son coeur tient mon ame ravie,
Et les Conquerans ne l’ont pas
Si haut.

Quoy que mon amour m’y convie,
Ma langue au secret asservie,
N’ose parler d’un certain cas ;
Je diray seulement tout bas,
Que je n’en vis un de ma vie
Si haut.