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Auteur : Pierre Corneille

Perdu Au Jeu

Sonnet. Je chéris ma défaite, et mon destin m’est doux, Beauté, charme puissant des yeux et des oreilles : Et je n’ai point regret qu’une heure auprès de vous Me coûte en votre absence et des soins et des veilles. Se voir ainsi vaincu par vos rares merveilles, C’est un…

Jalousie

N’aimez plus tant, Phylis, à vous voir adorée : Le plus ardent amour n’a pas grande durée ; Les nœuds les plus serrés sont le plus tôt rompus ; A force d’aimer trop, souvent on n’aime plus, Et ces liens si forts ont des lois si sévères Que toutes leurs…

Je Ne Puis Aimer

Stance. Que vous sert-il de me charmer ? Aminte, je ne puis aimer Où je ne vois rien à prétendre ; Je sens naître et mourir ma flamme à votre aspect, Et si pour la beauté j’ai toujours l’âme tendre, Jamais pour la vertu je n’ai que du respect. Vous…

La Fleur D’orange

Madrigal. Du palais d’émeraude où la riche nature M’a fait naître et régner avecque majesté, Je viens pour adorer la divine beauté Dont le soleil n’est rien qu’une faible peinture. Si je n’ai point l’éclat ni les vives couleurs Qui font l’orgueil des autres fleurs, Par mes odeurs je suis…

La Mort Du Roi Louis Xiii

Sonnet. Sous ce marbre repose un monarque sans vice, Dont la seule bonté déplut aux bons François, Et qui pour tout péché ne fit qu’un mauvais choix Dont il fut trop longtemps innocemment complice. L’ambition, l’orgueil, l’audace, l’avarice, Saisis de son pouvoir, nous donnèrent des lois ; Et bien qu’il…

La Peste

Stance. J’ai vu la peste en raccourci : Et s’il faut en parler sans feindre, Puisque la peste est faite ainsi, Peste, que la peste est à craindre ! De cœurs qui n’en sauraient guérir Elle est partout accompagnée, Et dût-on cent fois en mourir, Mille voudraient l’avoir gagnée. L’ardeur…

La Tulipe

Madrigal Au soleil. Bel astre à qui je dois mon être et ma beauté, Ajoute l’immortalité A l’éclat non pareil dont je suis embellie ; Empêche que le temps n’efface mes couleurs : Pour trône donne-moi le beau front de Julie ; Et, si cet heureux sort à ma gloire…

L’immortelle Blanche

Madrigal. Donnez-moi vos couleurs, tulipes, anémones ; Œillets, roses, jasmins, donnez-moi vos odeurs ; Des contraires saisons le froid ni les ardeurs Ne respectent que les couronnes Que l’on compose de mes fleurs : Ne vous vantez donc point d’être aimables ni belles ; On ne peut nommer beau ce…

Ode

(Au Révérend Père Delidel de la Compagnie de Jésus, sur son traité de la Théologie des Saints.) Toi qui nous apprends de la Grâce Quelle est la force et la douceur, Comme elle descend dans un cœur, Comme elle agit, comme elle passe, Docte Ecrivain, dont l’œil perçant, Va jusqu’au…

Inquiétude

Sonnet. Je vous estime, Iris, et crois pouvoir sans crime Permettre à mon respect un aveu si charmant : Il est vrai qu’à chaque moment Je songe que je vous estime. Cette agréable idée, où ma raison s’abîme, Tyrannise mes sens jusqu’à l’accablement ; Mais pour vouloir fuir ce tourment…

Que La Vérité Parle

Ce texte est une traduction de Pierre Corneille d’une œuvre anonyme de piété chrétienne de la fin du XIVe ou début du XVe s. (Que la vérité parle au dedans du coeur sans aucun bruit de paroles.) Parle, parle, Seigneur, ton serviteur écoute : Je dis ton serviteur, car enfin…

Regrets D’amour

Stance. Caliste, lorsque je vous vois, Dirai-je que je vous admire ? C’est vous dire bien peu pour moi, Et peut-être c’est trop vous dire. Je m’expliquerais un peu mieux Pour un moindre rang que le vôtre, Vous êtes belle, j’ai des yeux, Et je suis homme comme un autre.…