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Auteur : Théophile De Viau

Qui Voudra Pense À Des Empires

Qui voudra pense à des empires, Et avecque des vœux mutins S’obstine contre ses destins, Qui toujours lui deviennent pires; Moi je demande seulement, Du plus sacré vœu de mon âme, Qu’il plaise aux dieux et à Madame, Que je brûle éternellement.

Remontrance De Théophile À Monsieur De Vertamont Conseiller En La Grand’chambre

Désormais que le renouveau Fond la glace et dessèche l’eau Qui rendent les près inutiles, Et qu’en l’objet de leurs plaisirs Les places des plus grandes villes Sont des prisons à nos désirs; Que l’oiseau, de qui les glaçons Avaient enfermé les chansons Dans la poitrine refroidie, Trouve la clef…

Sacrés Murs Du Soleil Où J’adorais Philis

Sacrés murs du Soleil où j’adorais Philis, Doux séjour où mon âme était jadis charmée, Qui n’es plus aujourd’hui sous nos toits démolis Que le sanglant butin d’une orgueilleuse armée; Ornements de l’autel qui n’êtes que fumée, Grand temple ruiné, mystères abolis, Effroyables objets d’une ville allumée, Palais, hommes, chevaux…

Satire Première

Qui que tu sois, de grâce, écoute ma satire. Si quelque humeur joyeuse autre part ne t’attire, Aime ma hardiesse, et ne t’offense point De mes vers dont l’aigreur utilement te point. Toi que les éléments ont fait d’air et de boue, Ordinaire sujet où le malheur se joue, Sache…

Satire Seconde

Connais-tu ce fâcheux qui contre la Fortune Aboie impudemment comme un chien à la Lune? Et qui voudrait, ce semble, en détourner le cours Par l’importunité d’un outrageux discours? D’une sotte malice en son âme il s’afflige Quand la faveur du Roi ses favoris oblige. Un homme dont le nom…

Sur Une Tempête Qui S’éleva Comme Il Était Prêt De S’embarquer Pour Aller En Angleterre

Parmi ces promenoirs sauvages J’ois bruire les vents et les flots Attendant que les matelots M’emportent hors de ces rivages. Ici les rochers blanchissants, Du choc des vagues gémissants, Hérissent leurs masses cornues Contre la colère des airs, Et présentent leurs têtes nues À la menace des éclairs. J’ois sans…