À Deux Frères Mineurs

Huitain

Mes beaux pères religieux,
Vous dînez pour un grand merci ;
Ô gens heureux ! ô demidieux !
Plût à Dieu que je fusse ainsi !
Comme vous, vivrais sans souci ;
Car le voeu qui l’argent vous ôte,
Il est clair qu’il défend aussi
Que vous payiez jamais votre hôte.

À Une Dame Qu’il Aimait

La dent de ton Erard, râtelier osanore,
Et scie et broie à cru, sous son tictac nerveux,
La gamme de tes dents, autre clavier sonore…
Touches qui ne vont pas aux cordes des cheveux !

Cauchemar de meunier, ta : Rêverie agile !
Grattage, ton : Premier amour à quatre mains !
O femme transposée en Morceau difficile,
Tes croches sans douleur n’ont pas d’accents humains !

Déchiffre au clavecin cet accord de ma lyre ;
Télégraphe à musique, il pourra le traduire :
Cri d’os, dur, sec, qui plaque et casse Plaugorer…

Jamais ! La clefdeSol n’est pas la clef de l’âme,
La clefdeFa n’est pas la syllabe de Femme,
Et deux demisoupirs… ce n’est pas soupirer.