À Aimée D’alton

Alfred de Musset


Déesse aux yeux d’azur, aux épaules d’albâtre,

Belle muse païenne au sourire adoré,

Viens, laisse-moi presser de ma lèvre idolâtre

Ton front qui resplendit sous un pampre doré.
Vois-tu ce vert sentier qui mène à la colline ?

Là, je t’embrasserai sous le clair firmament,

Et de la tiède nuit la lueur argentine

Sur tes contours divins flottera mollement.