À Ninon De Lenclos

Urbain Chevreau


Doistu n’avoir, un jour, qu’un vol de fainéant,
Comme un oiseau lassé d’une course inutile ?
Irastu, quand il faut pour te rendre fertile
Des ans par millions, en un jour au néant ?

Saistu la profondeur de l’espace béant ?
Le temps qui nous détruit, estce qu’il te mutile ?
Et la vie et la mort, sur ton champ qui scintille,
Verrontelles la fin de leur combat géant ?

Le sourire du ciel ne cesse de descendre
Sur tes espoirs naissants et sur ta tiède cendre …
N’estu pas un berceau ? N’estu pas un bûcher ?

Soufflez, vents du printemps ! fleurs, versez vos aromes !
Nous vivons du mystère, et dans les divins dômes
Le rêve de ce monde ira toujours jucher.