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À Une Normande

Adieu, mon joli cœur de rêve !

Souvenez-vous du Val-André

Et de l’heure exquise et trop brève

Où le soir mourait sur la grève

Comme un andante de Fauré.

D’où veniez-vous, mon gentil page ?

De Criquetot ou de Paris ?

Moi j’arrivais d’un long voyage

Au pays des cœurs en veuvage,

Au pays des cœurs défleuris.

C’est là-bas sur une âpre côte,

Chez un vieux peuple aux yeux d’enfant.

À basse mer comme à mer haute,

L’amour à toute heure y sanglote :

Rien qu’à l’ouïr, le cœur se fend.

Avant que le ciel ne se brouille,

Partez, mon cœur, mon cœur joli.

La brume file sa quenouille ;

Craignez l’automne aux doigts de rouille,

Tisseurs de silence et d’oubli.