Skip to content

Avec Ses Espaliers De Luxure Et De Fastes

A Albert Samain

Avec ses espaliers de luxure et de fastes

Le jardin merveilleux où règne ton infante

Dans la grande lumière étage ses terrasses

Et domine mon val aux vergers de silence.

Val paisible où le vol léger des feuilles lentes

Soupire sous l’adieu d’un ciel d’automne chaste…

Au bord des sources dont l’azur miroite et tremble

Les tourterelles d’or trempent leurs ailes lasses ;

Parmi le clair chagrin des trembles qui s’égouttent,

Le groupe harmonieux des amantes écoute

Décroître au fond des bois l’humain sanglot des cors ;

Et, dans la brume où le poète aux doigts pensifs

De roses sans parfum enguirlande les ifs,

Plane l’impérial épervier de la Mort.