Bonsoir

Tristan Corbière


Et vous viendrez alors, imbécile caillette,

Taper dans ce miroir clignant qui se paillette

D’un éclis d’or, accroc de l’astre jaune, éteint.

Vous verrez un bijou dans cet éclat de tain.
Vous viendrez à cet homme, à son reflet mièvre

Sans chaleur Mais, au jour qu’il dardait la fièvre,

Vous n’avez rien senti, vous qui midi passé

Tombez dans ce rayon tombant qu’il a laissé.
Lui ne vous connaît plus, Vous, l’Ombre déjà vue,

Vous qu’il avait couchée en son ciel toute nue,

Quand il était un Dieu ! Tout cela n’en faut plus.
Croyez Mais lui n’a plus ce mirage qui leurre.

Pleurez Mais il n’a plus cette corde qui pleure.

Ses chants C’était d’un autre ; il ne les a pas lus.