Déclin

Tristan Corbière


Comme il était bien, Lui, ce Jeune plein de sève !

Âpre à la vie Ô Gué ! et si doux en son rêve.

Comme il portait sa tête ou la couchait gaîment !

Hume-vent à l’amour ! qu’il passait tristement.
Oh comme il était Rien ! Aujourd’hui, sans rancune

Il a vu lui sourire, au retour, la Fortune ;

Lui ne sourira plus que d’autrefois ; il sait

Combien tout cela coûte et comment ça se fait.
Son cœur a pris du ventre et dit bonjour en prose.

Il est coté fort cher ce Dieu c’est quelque chose ;

Il ne va plus les mains dans les poches tout nu
Dans sa gloire qu’il porte en paletot funèbre,

Vous le reconnaîtrez fini, banal, célèbre

Vous le reconnaîtrez, alors, cet inconnu.