Doute

Victor Segalen


Frêne hautain, forestier et champêtre
L’arbre premier de tant d’arbres divers,
L’arbre immortel au renom de mes vers,
L’arbre aux serpents toujours odieux maître ;

Le coudre rompt, mais tu te fais connaître
Propre à la guerre et jamais de travers
De toi tortu les monts ne sont couverts,
Ains haut et droit toujours as voulu naître ;

Je fais mes dards, pour tous mes arcs, de toi,
Les forestiers en font de même moi,
Et Panarèthe en fait les siens encore :

Phébus aussi en patronne ses traits,
Sa chaste soeur son carquois en décore,
Ainsi au bois as tous noms satisfaits.