Hidalgo

Tristan Corbière


Ils sont fiers ceux-là ! comme poux sur la gale !

C’est à la don-juan qu’ils vous font votre malle.

Ils ne sentent pas bon, mais ils fleurent le preux :

Valeureux vauriens, crétins chevalereux !

Prenant sans demander toujours suant la race,

Et demandant un sol, mais toujours pleins de grâce
Là, j’ai fait le croquis d’un mendiant à cheval :

– Le Cid un cid par un été de carnaval :
– Je cheminais à pied traînant une compagne ;

Le soleil craquelait la route en blanc-d’Espagne ;

Et le cid fut sur nous en un temps de galop

Là, me pressant entre le mur et le garrot :

– Ah ! seigneur Cavalier, d’honneur ! sur ma parole !

Je mendie à genoux : un oignon une obole ?

(Et son cheval paissait mon col.) Pauvre animal,

Il vous aime déjà ! Ne prenez pas à mal

– Au large ! Oh ! mais : au moins votre bout de cigare ?

La Vierge vous le rende. Allons : au large ! ou : gare !

(Son pied nu prenait ma poche en étrier.)

– Pitié pour un infirme, ô seigneur-cavalier

– Tiens donc un sou Señor, que jamais je n’oublie

Votre Grâce ! Pardon, je vous ai retardé

Señora : Merci, toi ! pour être si jolie

Ma Jolie, et : Merci pour m’avoir regardé !
Cosas de España.