Jeune Bacchante

Amédée Pommier


A quoi donc rêves-tu, ma gentille bacchante,

Nonchalamment couchée à l’ombre de ce bois ?

Quel est le grand objet qui t’occupe ? Ah ! Je vois,

Tu lis la plus belle œuvre et la plus éloquente.

Un nid plein d’œufs mignons ! La trouvaille est piquante.

Ce livre merveilleux, que feuillettent tes doigts,

T’apprend que les oiseaux d’Amour suivent les lois ;

Tu tiens de leurs ardeurs la preuve convaincante.

Médite, j’y consens. Ces mystères sont doux.

Le nid qu’ils ont construit fait songer aux époux,

Puis les œufs font songer à la mère couveuse.

Et toi peut-être aussi tu couves dans ton sein,

Pour qu’il éclose un jour, quelque amoureux dessein,

Et c’est pourquoi ce nid te rend toute rêveuse.