La Cloche Du Village

Alphonse de Lamartine


Quand du clocher vibrant l’hirondelle habitante

S’envole au vent d’airain qui fait trembler sa tente,

Et de l’étang ridé vient effleurer les bords,

Ou qu’à la fin du fil qui chargeait sa quenouille

La veuve du village à ce bruit s’agenouille

Pour donner leur aumône aux morts :Ce qu’éveille en mon sein le chant du toit sonore,

Ce n’est pas la gaieté du jour qui vient d’éclore.

Ce n’est pas le regret du jour qui va finir,

Ce n’est pas le tableau de mes fraîches années

Croissant sur ces coteaux parmi ces fleurs fanées

Qu’effeuille encor mon souvenir ;