La Major

Joseph Autran


Sous le marteau brutal tu tombes pierre à pierre ;

Avec indifférence un peuple destructeur

Te dépèce, ô vieux temple, ô maison de prière,

Qui ne suffisais plus à l’orgueil du pasteur !

Lorsque d’une autre nef, plus brillante et plus fière,

A ta place on pourra mesurer la hauteur,

Je te regretterai, temple dont la poussière

Parlait des jours anciens à ce temps novateur !

Je vous regretterai, noirs piliers, autel sombre,

Où ma mère à genoux, le soir, priait dans l’ombre,

Où des évêques saints dormaient les ossements :

Et toi, chœur suspendu, plein de voix byzantines,

Grand orgue — qui mêlais tes longs frémissements

Aux cantiques du flot sur les plages voisines !