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La Nuit M’est Courte, Et Le Jour Trop Me Dure

La nuit m’est courte, et le jour trop me dure,

Je fuis l’amour, et le suis à la trace,

Cruel me suis, et requiers votre grâce,

Je prends plaisir au tourment, que j’endure.
Je vois mon bien, et mon mal je procure,

Désir m’enflamme, et crainte me rend glace,

Je veux courir, et jamais ne déplace,

L’obscur m’est clair, et la lumière obscure.
Vôtre je suis et ne puis être mien,

Mon corps est libre, et d’un étroit lien

Je sens mon cœur en prison retenu.
Obtenir veux, et ne puis requérir,

Ainsi me blesse, et ne me veut guérir

Ce vieil enfant, aveugle archer, et nu.