La Provence

Albert Mérat


La mer bleue au-delà des sables immobiles ;

Un ciel qui peint avec de brûlantes couleurs ;

Des filles aux cils bruns, comme de fortes fleurs

Dressant leur corps nerveux, belles d’être nubiles ;

De fiers aspects, malgré les feuillages débiles

Des oliviers frileux aux bleuâtres pâleurs.

— Ô Provence ! pays des gais conteurs habiles,

Ton grand soleil n’a pas essuyé tous les pleurs.

Dans la lande salée où les genêts jaunissent,

Fleurs sauvages aussi, les poètes fleurissent

Et distillent leur miel par un instinct savant :

Miel exquis et nouveau, plein de saveurs amères,

Dont le bouquet natif se parfume souvent

Aux vieux et doux airs que chantent nos grand-mères.