L’églantine

Rosemonde Gérard


Nous avions en courant descendu la colline
Sur un buisson foncé luisait une églantine,

Mélancolique fleur sans parfum, ni rayons,

Qui n’arrête que rarement les papillons.

 » Regardez cette rose ! et comme elle est jolie !  »

M’écriai-je  » Toujours, fit-il, votre folie

De voir de la beauté quand il n’y en a pas ;

Ce n’est rien, c’est une églantine.  » Mais, tout bas,

Car je ne voulais pas qu’elle puisse m’entendre :

 » Nul bouquet ne la veut, nul parc ne vient la prendre ;

Elle est seule, elle peut se croire sans beauté

Alors, moi, tu comprends, j’ai voulu la flatter ! «