Les Joncs

Alphonse Beauregard


Les joncs frémissent à peine

Sous le doux vent échappé

Des champs de trèfle coupé

Dans les lointains escarpés.

Calmes sous la pure haleine,

Les joncs frémissent à peine.

Les joncs penchent mollement

Leur tige au-dessus de l’onde

Qui chante, la vagabonde,

Les pleurs et le deuil du monde.

Quel morne gazouillement

Berce les joncs mollement.

Les joncs regardent la lune

Qui d’un charme les endort.

Plus d’odeur de trèfle mort,

L’onde cesse les accords

Dont la tristesse importune

Les joncs tout droits sous la lune.