Skip to content

Les Victimes Du Devoir

Bien souvent vous lisez un fait divers banal,

Qui traverse l’esprit sans y jeter racine.

C’est la mort du chauffeur broyé sur sa machine,

Du sauveteur noyé dans les eaux d’un canal,

Du pompier dévoré par un gouffre infernal,

De tant d’autres héros ! — Et, songeant, j’imagine,

Que l’instinct du devoir est de source divine,

Vous dites :  » Le brave homme !  » en jetant le journal.

Pourtant ils ont laissé, ces martyrs de bravoure,

Des veuves, des enfants, et, pour qu’on les secoure,

Que vous demande-t-on, ô passants ! — Presque rien.

Votre épargne d’un jour, en riant dépensée

Dans une fête, avec cette bonne pensée

Que si peu de plaisir peut faire tant de bien.